Tennis : Les plans de Ghissassi

Tennis : Les plans de Ghissassi

ALM : D’abord, quel bilan faites-vous de la participation marocaine aux derniers championnats d’Afrique de tennis qui se sont déroulés, le week-end dernier au Caire ?
Amine Ghissassi : Le bilan est positif. L’année dernière, nous avons terminé les championnats d ‘Afrique en deuxième position, juste derrière l’Afrique du Sud. Cette année, nous avons volé la vedette aux Sud-africains en prenant la tête du classement, devant l’Egypte. En individuel, nous avons décroché deux titres. Celui de Mehdi Ziadi, champion en titre l’année dernière, dans la catégorie de moins de 18 ans, et celui de Fatima Zahra Alami dans la catégorie des moins de 16ans. Et l’on aurait pu remporter un troisième si ce n’est la défaite déméritée de Réda El Amrani, lui aussi champion en titre, en finale. Normalement, il devait gagner. Mais c’est l’arbitrage qui l’a privé de ce sacre auquel il tenait beaucoup. Heureusement, il s’est rattrapé le lendemain en double et s’est qualifié avec Ayoub Ben Ammar aux championnats du Monde qui auront lieu, au mois d’août prochain, en Espagne. Chez les filles, le double marocain sera représenté par Fatima Zahra Alami et Zineb Hilali.
Deux titres, deux doubles qualifiés pour les prochains championnats du monde de tennis prévus, août prochain, en Espagne. Est-ce que le Maroc pouvait faire mieux ?
Certainement, pour ne citer que le cas de Réda El Amrani. Je crois que le plus important dans ce genre de compétition c’est le classement général. Avant notre départ pour le Caire, l’objectif tracé était de finir premier de cette compétition. Et on l’a atteint, même si c’était dur face à des grandes nations du tennis africain, l’Afrique du Sud et l’Egypte.
Mehdi Ziadi est l’une des valeurs sûres de la petite balle jaune nationale. Mais, bien avant lui, il y avait Mehdi Tahiri et Mounir Lâarej, qui, aujourd’hui, ont du mal à intégrer les circuits professionnels. Peut-on dire que Ziadi risque de connaître le même sort, si rien n’est fait bien sûr?
Les choses ont changé. Certes, Tahiri et Lâarej souffrent terriblement du manque de moyens, mais il faut continuer à leur faire confiance. Notre problème aujourd’hui c’est le manque, si ce n’est l’absence, de sponsors chez la catégorie des jeunes. Et cela est un sérieux handicap pour hisser leur niveau. Vous savez que le budget annuel d’un joueur cadet tourne autour de 350 000 DH. Celui d’un junior environ 450 000 DH.
En attendant, nous axons notre travail sur la formation dans le cadre du centre national de tennis. Nous avons mis en place les programmes techniques, les moyens et les objectifs à atteindre. La Fédération royale marocaine de tennis a intégré des entraîneurs qui ont pour mission de suivre l’évolution des joueurs.
Aujourd’hui, on a une dizaine de tennismen qui bénéficient de ce travail d’évaluation et de formation. Toutes ces actions sont inscrites dans le droit fil de la stratégie menée par la FRMT. Une stratégie qui a commencé par la mise sur pied du centre national qui a coûté beaucoup d’argent. Le début c’est toujours difficile. Maintenant, ce qui nous fait défaut ce sont les moyens. En attendant d’en avoir beaucoup plus, nous nous contentons des aides de la FIT, du comité olympique, des parents… Nous sommes, actuellement, en train de négocier avec certains opérateurs. Objectif : les associer à nos actions, en particulier, et à l’image du tennis en général.
Que manque-t-il à ces jeunes joueurs pour qu’ils puissent assurer la relève ?
Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. On peut avoir beaucoup de talents et beaucoup de moyens et ne pas y arriver. Ce qui est plus important, c’est de former les jeunes pour qu’ils puissent devenir des champions dans l’avenir en leur inculquant l’esprit de combattant et de gagnant. Il faut aussi leur forger un mental d’acier. C’est ce qui fait la différence entre les joueurs de tennis au niveau mondial.

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