Toulouse souhaite rééditer l’exploit de ses aînés

Pour les aider à croire en leur chance face à Liverpool mercredi en Ligue des champions de football, les joueurs de Toulouse pourront s’inspirer de l’exploit réalisé voilà 21 ans par leurs aînés qui, à la surprise générale, avaient éliminé le Naples de Diego Maradona.
«Liverpool est une montagne aussi grande que Naples à notre époque», assure l’ancien défenseur du TFC, Benoît Tihy, qui a su museler la star argentine. «On était très impressionnés mais on se disait aussi que l’on pouvait avoir notre chance», se souvient-il, plein d’espoir aujourd’hui pour les joueurs d’Elie Baup.
Une chance que les joueurs toulousains ont su saisir en cette soirée d’octobre 1986 pour écrire la plus belle page de l’histoire du club à l’issue de la séance des tirs aux buts.
Dans les cages toulousaines, Philippe Bergeroo n’avait pas bougé sur sa ligne durant la course du dernier tireur napolitain, un certain Diego Maradona. La consigne émanait d’Alberto Tarantini, international argentin et défenseur central du TFC. La frappe du génial gaucher échouait sur le poteau puis sur la cuisse de Bergeroo.
Un scénario incroyable car à l’image du TFC version 2007, le club toulousain était composé de joueurs inexpérimentés et inconnus sur la scène européenne. Il venait pourtant d’éliminer le futur vainqueur du Calcio, au 1er tour de la Coupe de l’UEFA.
Avec cette victoire, les Violets humiliaient surtout «El Pibe de oro» qui avait soulevé quelques mois plus tôt la Coupe du monde à Mexico.
«On a été cherché en nous des choses que l’on ne pensait pas possible, même si au début on jouait juste pour tenir l’évènement», se souvient l’ancien milieu défensif toulousain Pascal Despeyroux. «Ca sentait véritablement le soufre et c’est devenu un moment d’éternité», raconte-t-il aujourd’hui avec une émotion perceptible.
Pascal Despeyroux avoue également avoir été «blanc de peur» avant la rencontre. «J’étais sensé marquer Maradona à la culotte et je me disais qu’il allait me bouffer», poursuit l’actuel consultant pour une radio nationale.
Heureusement pour lui, l’entraîneur de l’époque, Jacques Santini, avait décidé de changer ses plans à 48 heures du coup d’envoi.
«Il nous a convoqués dans une chambre, Pascal (Despeyroux), Jean-Philippe (Durand) et moi», raconte Benoît Tihy. «Le niveau du gabarit de Maradona me correspondait mieux qu’à Pascal et j’espérais même que j’aurais cette tâche à effectuer», poursuit l’actuel entraîneur du club de CFA2 de Blagnac (Haute-Garonne). Face à Maradona, Tihy avoue avoir «joué un jeu certes musclé mais sans faire de fautes». «Je ne voulais pas lui faire mal, je me suis concentré à ne pas faire de fautes aux abords des 30 mètres», dit avec humilité l’homme aux cheveux devenus grisonnants.
Maradona a pourtant été purement et simplement muselé tant au match aller qu’au retour, et, dans les mémoires toulousaines, Benoît Tihy est resté l’homme par qui le miracle a pu arriver. Fair-play, la star argentine avait tenu à le féliciter à l’issue du temps réglementaire.
«C’est la preuve que tout peut arriver, ce sont les 10% de chances propres au sport de haut niveau», fait valoir aujourd’hui Pascal Despeyroux, pour qui la chaleur d’un 15 août en fin d’après-midi «peut casser les hiérarchies» entre Liverpool et Toulouse.

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