Tour de France : Pereiro à l’aise

Tour de France : Pereiro à l’aise

Leader surprise du Tour de France cycliste aux deux tiers de la course, l’Espagnol de la Caisse d’Epargne Oscar Pereiro a «envie de garder le maillot jaune jusqu’au bout», histoire d’être un vilain petit canard célèbre, jusqu’au bout de la plus grande course du monde. Comme le palmipède, il est généralement vêtu  de noir , la couleur de la tunique de la Caisse d’Epargne, mais il a su rectifier le tir en se parant, cette fois, d’un éclatant plumage clair qu’il ne veut en aucune manière abandonner.
Pereiro laisse derrière lui ces satanées montagnes pyrénéennes qui lui ont fait perdre 26 min 26 sec au Pla-de-Beret sur le vainqueur de l’étape, le Russe Denis Menchov, pour faire face à un nouveau massif : les Alpes, celui-là même qui fit de lui le vainqueur de la classique des Alpes 2004.
Oscar Pereiro (28 ans) s’anime en songeant qu’il a connu le pire chez lui, ce versant espagnol fréquenté par les ours, et que l’avenir lui appartient peut-être. Il veut rendre la politesse à cette destinée qui a eu l’élégance de lui laisser prendre 29 min 57 sec au peloton à Montélimar.
Ironie du sort, il a récupéré un maillot, encombrant, porté pendant 24 heures par son ancien chef de file l’Américain Floyd Landis (Phonak). Mais, pareille aubaine ne saurait lui faire tourner la tête.
«Je sais que sept coureurs se tiennent en quatre minutes, observe-t-il, mais j’estime que Landis et Menchov sont un ton au-dessus. De même, je n’exclus pas la possibilité qu’un homme à moins de dix minutes puisse remporter ce Tour. Il suffit d’une échappée…»   
Oscar sait de quoi il parle. Beaucoup d’observateurs estiment même que Landis et consorts ont pris un risque inouï en laissant le Galicien aux commandes. Surtout lorsqu’il fait une déclaration d’amour aux Alpes. «Les cols alpins, je les connais, pour les avoir fréquentés à de nombreuses reprises dans  le Tour et au Critérium du Dauphiné libéré, insiste-t-il. Ils n’ont donc aucun secret pour moi». Le vainqueur de Pau en 2005 ne va pas avoir son sommeil perturbé après la journée de repos à Gap où il a quand même roulé une soixantaine de kilomètres, jusqu’au pied de l’Izoard. Il s’est ensuite plié à une conférence de presse en deux langues, espagnol et français, signe de courtoisie dont pourraient d’ailleurs s’inspirer Phonak et son manageur général John Lelangue.
Entouré d’Eusebio Unzue, son directeur sportif, et de José Miguel Echavarri, manageur et maître à penser, Pereiro a pu dire combien il était "confiant".  «L’Alpe d’Huez ? C’est peut-être la moins dure des trois étapes alpines, note-t-il. Le mieux serait une échappée dès le départ.
Cela nous permettrait de gérer tranquillement derrière».
L’Espagnol connaît la prudence, ayant toujours cette "inexplicable" défaillance de la semaine dernière en tête : «Je serais enclin à dire que nous ferons un bilan mardi soir. Si je suis encore en jaune, ou dans les trois premiers, il y aura pleins de choses à viser. Je pars un peu dans l’inconnu, avec cependant l’envie de garder le maillot jusqu’au bout. Mais, il faut tenir compte que nous entrons dans la 3e semaine avec la chaleur et la fatigue».
Discret, mais l’œil pétillant, José Miguel Echavarri fait ses comptes pendant que son nouveau chef de file (après la chute d’Alejandro Valverde) se fait mitrailler par les photographes au bord de la piscine.
«Un podium, c’est trois marches. Landis, Menchov et Klöden… Il reste donc peu de place, soupire-t-il. Mais le vélo, c’est le jeu de la vie avec ses illusions, ses joies, ses peines, ses tristesses, ses coups de fatigue, sa générosité et sa solidarité. Une étape du Tour peut se résumer à 24 heures de la vie d’un individu». Il n’est donc pas utopique de penser qu’Oscar puisse arriver à ses fins.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *