Tournoi des Six Nations : le XV de France libéré

« Il faut oser ! » Ce leitmotiv, asséné par l’encadrement du XV de France depuis le début du Tournoi des six nations, tranche avec la rigueur attachée au jeu de la sélection depuis l’arrivée de Bernard Laporte en 2000. Les intentions affichées sur les ballons de relance ou les lancements de jeu enclenchés à proximité de la ligne face à l’Irlande samedi dernier, traduisent l’évolution dans laquelle s’est engagé le XV de France, auteur d’un essai de soixante-dix mètres, initié par une remontée de Nicolas Brusque et conclu par Pascal Papé, en milieu de seconde période.
L’époque où l’occupation du camp adverse constituait une priorité absolue semble révolue. Le changement est parti d’un constat. Les rencontres disputées dans le cadre du Mondial, en octobre et novembre derniers en Australie, ont été marquées par une augmentation conséquente du temps de jeu effectif. Par ailleurs, l’encadrement du XV de France a noté que les ballons rendus systématiquement à l’adversaire par du jeu au pied facilitaient la tâche de la défense adverse et surtout contribuaient à mettre, en retour, l’équipe sous pression. D’où l’intérêt de garder le ballon.
« Nous avons aussi pris en compte notre aptitude culturelle à jouer dans ce genre de situation », souligne Jacques Brunel. Cette évolution donne davantage d’initiative aux joueurs, notamment sur les lancements de jeu à proximité des lignes où les demis (N.9 et 10) et le premier centre (N.12), doivent décider de la marche à suivre en fonction du placement de la défense adverse: dégager au pied ou défier la muraille adverse. Cette nouvelle approche nécessite l’adhésion de tous les joueurs. Il faut oublier certains réflexes qui commandaient de se placer à un endroit précis en fonction de l’option choisie. « Le désordre créé va déboucher sur des situations favorables à condition que le reste de l’équipe se place en conséquence. Cela suppose aussi davantage de générosité de la part de chacun », glisse Jacques Brunel.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *