Très Chères coupes africaines

Très Chères coupes africaines

Que gagnent les clubs marocains engagés dans les différentes coupes africaines ? En prestige, beaucoup de chose certainement. Inscrire la Ligue des champions ou la coupe de la Confédération sur son palmarès est un grand exploit que très peu d’équipes africaines ont réussi. Mais, au risque de décevoir de nombreux fans du ballon rond, les gains en argent demeurent très minimes. Au contraire, prendre part à une coupe africaine est une chose que beaucoup de clubs marocains craignent, puisque la simple participation pénalise beaucoup leurs comptabilités.
Arriver en finale de l’une des deux manifestations continentales des clubs coûterait en moyenne entre trois et sept millions de dirhams.
Au Raja de Casablanca, vainqueur de la dernière édition de la coupe de CAF dans son ancienne version, l’aventure africaine a coûté la somme de cinq millions de dirhams. La seule rentrée d’argent qu’il a eue en contrepartie de son sacre est la modique somme de 300.000 dirhams, prime octroyée par la confédération africaine au vainqueur. «Participer à une coupe africaine est une sorte de cadeau empoisonné qu’on offre aux clubs marocains», indique le président des Vert et Blanc, Abdessalam Hannat. Le Wydad de Casablanca a également beaucoup souffert avant de remporter il y a deux années la coupe africaine des vainqueurs de coupes. Une fois l’euphorie du sacre évaporé, les comptes du club ont montré un déficit de l’ordre de huit millions de dirhams, résultat de la participation africaine, alors que la prime réservée par la CAF au vainqueur est de l’ordre de 500.000 dirhams.
Le président des Rouge et Blanc de l’époque, Nasreddine Doublali, n’a cessé de le crier haut et fort. «La coupe remportée par le WAC a beaucoup pénalisé le club», ne cessait-il pas de déclarer.
Comment se répartissent ces millions de dirhams dépensés ? Les équipes doivent d’abord prendre en charge les frais de déplacement dans les quatre coins d’Afrique. A cet effet, le département de tutelle réserve la somme d’un million de dirhams pour les quatre équipes marocaines engagées chaque saison. Cette somme est exploitée par la FRMF en l’achat de 25 billets d’avion sur les lignes de Royal Air Maroc, qui représentent d’ailleurs la seule aide matérielle fournie par l’instance fédérale. Trop peu estiment les dirigeants de clubs, et ce pour de nombreuses raisons. La première est d’ordre quantitatif, puisqu’une équipe qui joue à l’extérieur se déplace rarement à 25.
Une délégation moyenne compte une trentaine de personnes, joueurs, staff technique et dirigeants confondus.
L’aide fédérale demeure également incomplète en raison de la non-couverture des lignes de la RAM de tout le continent africain. « Pour jouer en Sierra Leone par exemple, la FRMF ne prend en charge que le voyage jusqu’au Gabon. Le reste du trajet, pas assuré par des avions se la RAM, est à la charge du club», précise M. Aboulkacem, président délégué du Hassania d’Agadir, dont les deux récentes participations à la Ligue des champions, en raison de ses deux sacres successifs en championnat, se sont révélées très chères. Mais la plus grosse partie des frais est engloutie par la prise en charge des visiteurs, pour le compte des rencontres qui se jouent à domicile. Un seul membre de la délégation adverse coûte aux équipes locales entre 25.000 et 30.000 dirhams par jour. La durée de prise en charge se situe entre cinq et huit jours. Le trésorier du Wydad en sait quelque chose, puisqu’à l’occasion des huitièmes de finale de la coupe de la Confédération, la délégation ivoirienne du Stella Abidjan s’est retrouvée coincée à Casablanca suite à la grève des pilotes de la RAM.
Leur séjour a été entièrement pris en charge par les Rouge et Blanc.
Les séjours des quatre arbitres et du commissaire de la rencontre sont en outre payés par les équipes qui évoluent à domicile, obligées de leur fournir billets d’avion, hébergement et un moyen de locomotion. La champion’s league arabe semble être la compétition la plus prisée par les clubs marocains. La nouvelle organisation de cette compétition, remportée la semaine dernière par les Tunisiens du Club Sfaxien, garantit à toutes les équipes une somme d’argent en contrepartie de leur participation, ainsi qu’une prise en charge totale de leurs frais d’hébergement et de transport. Le vainqueur remporte la coquette somme d’un million de ryals saoudien. Les primes réservées aux finalistes de la Ligue africaine des champions sont également alléchantes (un millions de dollars pour le vainqueur et 600.000 dollars pour le finaliste).
«Lorsque le Raja a atteint la finale de cette compétition, perdue face au Zamalek, nous sommes à peine arrivés à rentrer dans nos frais», estime le président Hannat.
Le week-end prochain, deux clubs marocains commenceront un long marathon comptant pour la deuxième phase de la coupe de la Confédération qui réunit 16 équipes. Les FAR et le WAC sont effectivement amenés à se déplacer à plusieurs reprises en Afrique, respectivement en Angola et au Ghana pour la première journée. Pour ces deux équipes, l’été s’annonce très chaud.

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