Un ambassadeur qualifié

Un ambassadeur qualifié

Le jeune homme du début des années 80 dirigeait les offensives wydadies avec une rare facilité, alternant les passes au cordeau et les dribles étonnants. L’ex-entraîneur de la sélection nationale, Mehdi Faria, l’avait appelé lors des Jeux panarabes qui avaient eu lieu au Maroc en 1985 pour faire partie désormais du groupe des Lions de l’Atlas qui régnaient sur le football africain. Présent à la CAN 1986 au Caire et au Mondial du Mexique la même année, Sahil a côtoyé de grandes pointures de l’histoire du ballon rond national. Il doit cet honneur en grande partie à sa capacité à orchestrer les attaques de son équipe depuis le milieu du terrain. Sa vision du jeu et sa créativité faisaient de lui un meneur très convoité. Depuis cette époque, le CV de Mohamed Sahil compte plusieurs lignes intéressantes. Sa carrière professionnelle allait commencer au Portugal en 1993 avec le club Quarteirense de seconde division pour devenir en 1997/98 entraîneur-joueur de la même équipe. Chose rarissime en Europe. « Je me sentais fier et faisais tout pour être à la hauteur de la confiance des dirigeants et des joueurs. Je travaillais sans relâche jusqu’à l’expiration de mon contrat. Cela m’a beaucoup aidé pour ma carrière d’entraîneur», confie-t-il. En rentrant au pays, Mohamed fera un bref passage en tant que coach d’Amjad Sidi Othmane avant de se charger des juniors et de la direction technique des jeunes de son club d’origine qu’est le WAC. Il sera également entraîneur du Chabab Hay Hassani, puis de l’équipe nationale des cadets avec Madih (ex-Raja) avant de passer à la tête de la direction de l’école du Wydad. Puis c’est la Jeunesse Sportive d’Al Massira qui fera appel à ses services. Au début du troisième millénaire, Sahil s’envole pour le Liban où il occupera le poste de directeur technique des sélections des jeunes toutes catégories. Là, il allait faire bonne impression en réalisant des exploits considérables avec les Juniors libanais. En effet, sous sa houlette, ils allaient battre la Syrie pour la première fois de leur histoire. Une courte expérience très réussie avant de rentrer au pays pour entraîner la JSM. Pas pour longtemps. Il allait démissionner à cause de l’arbitrage. Après un autre passage à la tête du FUS, il lui était impossible de rester. «J’avais senti comme un certain dédain à l’égard du cadre national. Je ne pouvais quand même pas m’imposer dans une telle atmosphère. J’ai donc décidé de me retirer en attendant des jours meilleurs», avoue Mohamed. C’est à ce moment qu’un club libanais nouvellement promu des divisions inférieures à la Cour des grands du championnat libanais : l’Olympic Beyrouth le contacta. Les jeunes qu’il avait entraînés auparavant sont devenus des seniors et n’avaient jamais oublié leur entraîneur marocain. D’autant plus que Sahil compte beaucoup d’amis. Une raison pour laquelle il a décliné d’autres offres du Maroc comme de certains clubs aux pays du Golfe. «J’ai commencé par m’occuper des juniors, pendant trois mois. Un jour, lors d’un match contre un rival de gros calibre, en l’occurrence Al Ansar, l’entraîneur de l’équipe première n’était pas disponible. On m’a demandé de préparer l’équipe A pour le match décisif. Chose que j’ai faite non sans crainte.». Finalement, la formation alignée par Sahil ce jour, allait disposer d’Al Ansar par 2 buts à zéro. Du coup, il fut officialisé comme entraîneur de l’équipe A pour le reste de la saison (2002-2003). L’Olympic Beyrouth fraîchement promu en première division, avec à sa tête un jeune président, allait rafler le titre de champion et la coupe du Liban sous la houlette de Mohamed Sahil que le club a célébré avec une grande reconnaissance. Un honneur à mettre à l’actif du cadre national et du football marocain en général.

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