Un entraîneur, une nouvelle vague

Brun, souriant et beau parleur avec un embonpoint qu’il a gagné parallèlement aux maintes sacres qu’il a remportés, d’abord en tant que joueur puis comme directeur technique et entraîneur. M’hamed Fakhir reste actuellement l’exemple même de réussite du technicien marocain. Né en 1953 à Casablanca, Fakhir était d’emblée prédestiné à faire une carrière professionnelle dans le football. Tout en poursuivant ses études primaires et secondaires au Lycée Lyautey de Casablanca, le jeune M’hamed n’a d’yeux que pour le Raja local où il évolue en tant que joueur dans toutes les catégories : Minimes, Cadets, Juniors et Seniors. Il prend également part à plusieurs rendez-vous internationaux, dont le tournoi international Cadets à Cannes (France) en 1971 où il est élu meilleur joueur.
Un titre suivi d’un autre l’année d’après, le sacre de meilleur joueur et meilleur butteur lors d’un tournoi inter-maghrébin organisé au Maroc. Le passage chez les « grands » est incontournable. Le rêve devient réalité. Mieux encore : le Raja remporte la coupe du Trône en 1974 contre le MAS. Un exploit dont il est un des acteurs et qui sera réitéré en 1977, année où le club s’adjuge le même titre, cette fois contre le Difaâ Jadidi. On commence même à parler d’une carrière en France, mais le destin en décide autrement. « L’OCG Nice m’a proposé un contrat sport-étude. Mais les dirigeants du Raja à l’époque s’y sont opposés, refusant de me laisser partir ».
Passé le temps du jeu, Fakhir s’entiche pour l’encadrement et la formation, deux notions qui reviennent très souvent sur ses lèvres. Poussé par Lahcen Dernane et Mohamed Ghoulame, deux dirigeants du Raja, il entame donc une nouvelle carrière dans ce domaine avec les Jeunes. Alternant la formation qu’il poursuit d’abord au Maroc, puis en France et ensuite en Allemagne, et le travail sur le terrain, il trouve la formule idéale pour se forger une expérience qui fera de lui un entraîneur à succès. Sa devise : donner du temps au temps. Une fois de retour d’Allemagne, il est nommé directeur technique au Raja en 1994. Une fonction à laquelle s’ajoute celle d’entraîneur par intérim à chaque fois que la formation bidaouie manque d’entraîneur étranger. C’est sous sa houlette que les Verts remportent la coupe du Trône en 1996 contre les FAR. Mais déjà un autre vent souffle et l’emmène bientôt, après un bref passage à Sidi Kacem en 1997 et un retour au bercail, à Settat où il prend la tête de la Renaissance locale. Nous sommes en 1999. Une expérience de deux ans couronnée par un grand succès. Equipe à peine montante au GNF1, le RSS se classe la première année 4e et 3e la saison suivante.
Les proposions fusent et c’est au Hassania d’Agadir que Fakhir décide d’atterrir. « Le climat général qui règne au Hassania favorise le rendement. Le travail au sein de l’équipe s’inscrit dans la durée et se déroule de façon sereine. Il n’y a pas cette pression que l’on subit au sein d’une équipe comme le Raja. Le résultat n’a fait que suivre ». Sur l’état actuel du football national, Fakhir prône une attitude sobre et positive. « Nos dirigeants, entraîneurs, joueurs et média se contentent d’adopter une attitude défaitiste en faisant sans cesse des constats d’échec. Le remède est ailleurs. Chacun dans son domaine doit oeuvrer pour que cela change». La crise de l’entraînement au Maroc ne pourrait, selon lui, avoir une issue qu’en passant par une politique de formation des formateurs. « Seule une formation scientifique doublée d’une expérience pourrait nous donner des entraîneurs de haut niveau. Les clubs, ligues et la fédération doivent tous s’y mettre.
Il y va de notre football». Une remarque des plus pertinente d’un homme, qui, et c’est rarement le cas, parle en parfaite connaissance de cause.

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