«Un hold-up juridique»

Aujourd’hui le Maroc : La fédération de lutte et des sports de combats assimilés a tenu son assemblée générale samedi dernier, comment se fait-il que le président que vous êtes n’y a pas assisté ?
Haj Mohamed Abdi : En tant que président, je n’étais pas au courant comme pour la plupart des dirigeants et l’opinion publique de la tenue de cette parodie d’assemblée générale. Je ne l’ai su personnellement que par un coup de téléphone la veille de sa tenue. C’est une mascarade car c’est la première fois de ma vie que j’entends parler de l’organisation d’une assemblée générale d’une fédération sans qu’elle ne soit annoncée dans les journaux, voire sans que les dirigeants des clubs ne reçoivent de convocations comme le stipule le statut.
Mais qui a donc provoqué cette assemblée générale ?
C’est Fouad Meskout qui se proclame aujourd’hui président de la fédération de lutte et Mohamed Chaiboub nommé secrétaire général qui ont pris l’initiative de l’organiser en l’espace de 24 heures. Tout a été orchestré par le biais de coups de téléphone pour organiser ce hold-up juridique.
Pourtant, selon vos correspondances avec le ministère de tutelle, la date fixée pour la tenue de l’A.G correspondait bel et bien au samedi 22 ?
La date n’a jamais été fixée, elle a été proposée par le ministère, mais nous lui avons fait savoir qu’il était impossible de respecter cette échéance dans les conditions actuelles. En premier lieu la fédération n’a pas reçu les rapports moraux et financiers et des ligues pour pouvoir établir les siens. Deuxièmement et c’est le plus important l’élection du comité de la ligue centre sud est devenue caduque par un arrêt du tribunal qui gèle l’éligibilité de plusieurs de ses membres. Il en est de même pour la ligue du Nord dont la fédération a contesté la validité de ses élections par voies juridiques
Que comptez, vous faire maintenant comme démarches pour contrecarrer vos détracteurs ?
Quand je saurais les tenants et les aboutissants de ce qui s’est vraiment passé, je ferais recours à la justice pour défendre les droits de la fédération et la légitimité du comité que je préside.
Mais vous êtes président depuis 17 ans, ce n’est pas de l’hégémonie pure et dure ?
Cela fait cinq ans que je demande à partir, mais à chaque fois que j’ai voulu céder la place, tous les membres me demandent à l’unanimité de rester. Ce qui m’écoeure aujourd’hui, c’est que ce sont ces mêmes personnes qui ont voulu m’évincer d’une manière on ne peut plus illégale et discourtoise. Ce qui m’écoeure encore davantage, c’est que le ministère puisse s’associer à cette mascarade en cautionnant l’illégalité. Ce qui place ce département censé être le baromètre du respect de la loi et des règlements dans une situation qui affecte sérieusement sa crédibilité.

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