Un parcours de combattant

Enfant déjà, tous ceux qui le voyaient caresser un ballon de foot lui prédisaient un avenir brillant. Il n’y avait qu’à voir son aisance sur le terrain, se frayant un chemin au milieu des lignes défensives, pour comprendre que ce joueur est né pour secouer les filets. Né à Rabat, ayant passé son enfance à Rabat également, c’est donc tout naturellement qu’il choisit un club de la capitale pour y évoluer. Il n’a pas hésité une seule seconde à accepter l’offre du FUS d’intégrer son groupe alors qu’il jouait pour une équipe de deuxième division «B», l’Association du ministère des Finances en l’occurrence. C’était en 1998. Et depuis, cet attaquant, fou amoureux de la balle ronde, navigue au milieu d’un océan qui n’est pas toujours calme.
Les problèmes et déceptions ne l’ont pas lâché tout au long de sa carrière. Le moindre petit succès était arraché au sort. En signant avec le FUS, le jeune joueur de 22 ans fait son entrée dans la cour des grands. Il est aligné tout au long de son premier match avec la formation fussiste. Titulaire dès le départ, il n’a pas échappé aux critiques. «Durant mes sept premières journées avec le FUS, je n’ai pu marquer.
Les supporters commençaient à critiquer la décision du comité du club de m’avoir recruté», déclare-t-il avec une note de nostalgie. Son regard s’illumine aussitôt qu’il évoque un match comptant pour la saison 1998-1999 du championnat national. Lors du derby r’bati opposant les FAR et le FUS, Mustapha Bidoudane réussit à rompre le sortilège. Il réussit l’un des plus beaux buts de sa carrière durant laquelle il en a marqué quelque 44 jusqu’à présent. «Il est peut-être le but qui m’est le plus cher», souligne-t-il, le sourir aux lèvres.
Sa deuxième saison avec le FUS a été très riche. Le club de la capitale a failli être sacré champion du Maroc. A deux journées de la fin de la saison, le FUS ne comptait qu’un petit point d’écart avec le leader, le Raja de Casablanca. En perdant leur dernier match contre le Tihad Sportif de Casablanca par deux buts à zéro, les fussistes ont vu leur rêve se briser. Le Raja remporte le titre mettant une fin aux espérances d’un jeune groupe de joueurs. Ce fut le souvenir le plus douloureux de la carrière de l’attaquant. Sa consolation : le titre de butteur du championnat, qu’il a reçu pour cette saison.
Pour tourner la page, il plie bagage pour l’Arabie saoudite où il évolue pendant huit mois au sein du Chabab, un club de première division. Durant son séjour, il remporte une coupe asiatique et joue une finale de super coupe. Un bon palmarès entaché cependant par l’attitude des joueurs et dirigeants saoudiens envers lui. «Ces gens-là veulent un homme à tout faire, et non un joueur de football discipliné tactiquement qui puisse évoluer au sein d’un groupe», commente-t-il. Il trouve d’énormes difficultés à s’acclimater avec le championnat saoudien. «Heureusement qu’il y avait mon ami et co-équipier Salah Sibawaih».
De retour au Maroc, il ré-intègre le FUS, son transfert au Raja, jusqu’à la semaine dernière. Une nouvelle étape de la carrière de cet attaquant qui rêve de devenir un Van Basten marocain.

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