Une étoile est née

Une étoile est née

Mardi 6 avril, il faisait chaud sur la Nationale n° 8 reliant Béni-Mellal à Khénifra. Le peloton du Tour du Maroc cycliste en savait quelque chose, lui qui a passé près de trois heures à parcourir les virages et pentes, très nombreuses lors de cette 7ème étape reliant les deux villes du Moyen- Atlas. Une fois dépassée la petite localité de Zaouit Cheikh, un petit groupe de cyclistes a réussi à se détacher pour prendre la tête de la course.
Une suprématie que l’un d’eux, Adil Jelloul, membre de l’équipe national «A», a confirmée en franchissant le premier la ligne d’arrivée, au moment où les autres coureurs avaient sué en vain sang et eau pour le rattraper. Jelloul s’est imposé avec un chrono de 3h 3min 27sec, devant le Russe Ivan Seledkov (3h 3min 29sec) et le Tchèque Michal Kollert (même chrono). «A 15 km de l’arrivée, j’ai su que je pouvais remporter cette étape. J’ai cru en mes chances et j’y suis arrivé», explique-t-il, non sans un brin de fierté. Une victoire que les Marocains attendaient depuis le début de cette 18ème fête de la petite reine. La première moitié du Tour, qui a emmené la centaine des coureurs de Casablanca à Marrakech en passant par El Jadida, Safi, Essaouira et Agadir, a connu de belles échappées des cyclistes marocains.
Mais aucun des 18 participants qui arboraient les couleurs nationales n’a réussi à endosser le maillot «Morocco 2010», destiné aux vainqueurs d’étape. Il fallait attendre les beaux paysages des montagnes de l’Atlas pour voir le jeune cycliste de 22 ans remporter la plus belle victoire de sa carrière. Une joie d’autant plus grande pour Adil Jelloul qu’il s’est illustré «chez-lui», dans sa région. Pour ce natif du village Aït Yahya ou Alla près de la ville d’Azrou, être le vainqueur à Khénifra est très important. «Ce jour-là, j’ai été l’auteur d’une belle course qui a fini en apothéose. J’ai vécu des moments que je n’oublierais jamais». 24h plus tard, le jeune cycliste de l’équipe nationale a été dignement salué par sa ville natale, qu’il a traversée lors de la 8ème étape ralliant Khénifra à Fès. «Sur le bord de la route, il y avait ma famille que je n’avais pas vue depuis plusieurs semaines et qui n’a pu faire le déplacement à Khénifra». Une chose à laquelle Adil Jelloul est habitué depuis plusieurs années, puisque cet amoureux de la petite reine a pris part à de nombreux compétitions cycliste en Afrique, notamment le Tour du Burkina Faso où il a été classé 19ème. C’était en 2001. La même année, il avait remporté le championnat du Maroc contre la montre. Titre qu’il a remporté une année plus tard sur la route. Mais c’est en 2003 que la carrière du jeune Adil Jelloul, sociétaire de l’Association sportive de Casablanca, a connu un vrai décollage. Le cycliste a fait la une des journaux algériens à plusieurs reprises, à l’occasion du Tour d’Algérie où il s’est classé second ratant de près un premier grand sacre. Ses performances, aux côtés de celles des autres cyclistes de l‘équipe nationale, a poussé les organisateurs à les inviter au Tour de Bouira, compétition qui s’est terminée avec une seconde place pour le jeune Adil, pour qui l’année 2004 a également bien commencé.
Auréolé de l’unique victoire marocaine d’étape, Adil Jelloul a terminé le 18ème Tour du Maroc à la cinquième au classement par points (maillot vert) avec un total de 50 points. Grande consolation pour celui qui n’a pas réussi à figurer sur le top ten du classement général (maillot jaune). «Cette année, j’ai couru mon premier Tour du Maroc, ce qui est en soi une grande satisfaction», précise celui qui n’a qu’un seul rêve, devenir un second Mustapha Nejjari.

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