Une sélection sans échéances

Plus de quatre mois se sont écoulés avant que le sélectionneur national ne décide de bouger. L’élimination de l’équipe nationale de la coupe d’Afrique des nations, disputée en février dernier au Mali, a certes été un coup dur aussi bien pour nos joueurs, la direction technique que pour le large public marocain.
Mais elle ne justifie nullement une telle léthargie. D’autant plus que l’équipe nationale se devait de rectifier le tir et faire en sorte que la déception africaine ne se reproduise plus. Mieux vaut tard que jamais, le sélectionneur national, le Portugais Humberto Coelho, a enfin décidé de convoquer 28 joueurs, évoluant dans le championnat GNF-1, pour un stage de préparation.
Un stage qui débutera lundi prochain au Centre national des sports Moulay Rachid. Seuls les joueurs nationaux ont été appelés à se joindre à cette sélection. Une décision louable étant donné les grands potentiels dont disposent les éléments nationaux. Même s’ils ne font pas partie de « l’élite », ils représentent de quoi l’avenir du football national sera fait.
À voir de plus près les joueurs sélectionnés, force est de constater que la plupart d’entre eux évoluent dans les clubs du peloton du championnat, à Savoir le Raja et le Wydad de Casablanca, ainsi que le leader, le Hassania d’Agadir. Les Vert et Blanc occupent une place de choix dans cette sélection puisque huit d’entre eux en font partie. Parmi eux figure Hicham Aboucherouane qui n’en qu’à sa première saison, mais qui n’a plus de preuves à faire. Il est actuellement le meilleur butteur du Raja.
Représenté par six joueurs, le Wydad de Casablanca est aussi l’un des clubs les plus privilégiés. Rabii Lafoui, l’un des meilleurs attaquants que compte le championnat national, a également été choisi. Aux joueurs cités s’ajoutent Tarik Miri, Hicham Alouli, Abdellatif Agja, trois Gadiris du Hassania, leader au classement. Un choix judicieux donc et dont le but n’est autre que de renforcer les lignes offensives des Lions de l’Atlas. Si certains de ces éléments sont des habitués de la sélection nationale, tels que Abdellatif Jrindou du Raja, Ali Bouab et Mohamed Armoumen des FAR, d’autres y effectuent leurs tous premiers essais. À l’image de l’attaquant du Kawkab de Marrakech, Samir Sarsar, qui doit au passage une fière chandelle à Badou Zaki, son ancien entraîneur au KACM, actuellement entraîneur adjoint de Coelho.
Sarsar a été sacré Soulier d’Or par notre confrère «Al Mountakhab». Et il n’est pas le seul puisque si le gardien de but du MAS de Fès, Abdelilah Bagui, fait aussi partie de l’équipe, c’est parce qu’un jour, Zaki, alors entraîneurs des Fassis, a cru en lui. Le temps lui a donné raison. Si l’on connaît désormais l’ossature de la sélection nationale, l’on reste sur notre faim quant il s’agit des internationaux qui seront intégrés à cette équipe, encore moins aux prochaines échéances pour lesquelles ces préparations ont été programmées.
Des préparations qui interviennent après des mois d’attentisme, sans que Coelho ne donne signe de vie et sans que des matchs amicaux ne soient prévus. Étrange, quand on sait pertinemment qu’un stage doit automatiquement donner lieu à des rencontres amicales pour tester les capacités des joueurs et leur degré d’harmonie et de cohésion. Il s’agirait d’un autre signe d’hésitation et une marque d’actions au compte-goutte qui ne servirait pas le réveil tant souhaité de nos lions. En attendant, le fait qu’une telle action, menée par l’entraîneur national, dont le contrat expire en octobre prochain, et son assistant Zaki, dont on connaît bien les mérites, est une bonne chose en soi. Reste à voir ce que l’avenir nous cache.

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