US Open : Et de trois pour la Russie

Le plus américain des tournois de tennis a été victime d’une invasion russe. Svetlana Kuznetsova et Elena Dementieva en ont voulu ainsi et y sont parvenu grâce à un jeu des plus talentueux, des plus assassins, aussi, laissant plusieurs victimes parmi la crème du tennis féminin sur leur sillage. Les deux compères se donnent rendez-vous en finale et s’y retrouvent le plus normalement du monde.
En fin de parcours, c’est la toute fraîche star du tennis russe, Svetlana Kuznetsova, 19 ans, qui eut le dernier mot sur le score de (6-3, 7-5). Mais la tâche ne fut pas pour autant facile. La grande blonde, bientôt 23 ans, qui lui faisait face, ne s’est pas laissé passer sur le corps aussi facilement.
En effet, les deux fines raquettes ont entamé la finale de l’US Open sur les chapeaux de roues. Les joutes tennistiques emplissaient le court pour le grand plaisir de nous autres, simples téléspectateurs. La mécanique «diesel», Sveltna et Elena ne savent pas ce que c’est. On démarre et on fonce, ce devait être le mot d’ordre que les deux ravissantes demoiselles s’étaient fixé.
Effectivement, dès le début du match, le jeu fut imprégné d’une cadence qui ne s’est point adoucie, jusqu’au dernier échange. D’entrée de jeu, l’heureuse gagnante allait même perdre son service. Chose qui ne l’a point impressionné, car elle ne baissa pas les bras en conséquence. Bien au contraire.
La charmante Dementieva trima dur sur ce premier set, mais sa cadette rivale allait s’imposer sans trop se poser de question. Celle-ci afficha une détermination et une assurance qui ne pourraient laisser de marbre.
De retour aux échanges, lors de la deuxième manche, Dementieva semblait revenir dans le match, remportant le service de Kuznetsova et scellant le score à 5-4, avant de servir. Un service que l’imperturbable Kuznetsova mit à son actif, pour finalement clore les débats à 7-5. En cogneuse redoutable, la nouvelle championne du Grand Chelem américain a dicté sa loi lors du tournoi de bout en bout. Le couronnement a été au rendez-vous et sa consécration finale est on ne peut plus légitime. «Ã‡a fait longtemps qu’on me disait que je pouvais le faire. (…) J’ai juste essayé de taper vite et aussi vite que j’ai pu», a souligné, à l’issue de sa victoire, la neuvième meilleure joueuse mondiale. Saisissant la symbolique de cette finale disputée un 11 septembre, Kuznetsova a tenu à dédier le précieux trophée aux victimes des attentats d’il y a trois ans, mais aussi à celles de la triste prise d’otages de Beslan, dans le Caucase russe.
Pour sa part, la grande blondinette n’a pas laissé passer l’occasion de souligner son émotion en cette journée particulière. «Malgré ma défaite, c’est une belle journée, car il s’est passé des choses graves pendant cette quinzaine (…) Après le 11 septembre, ici, nous avons eu le 1er septembre en Russie, on a perdu beaucoup d’enfants et il faut que le monde se batte contre le terrorisme», a déclaré Dementieva, ruban noir accroché à son t-shirt, en signe de solidarité.
Désormais, il faudra compter avec l’école russe en termes de tennis. La preuve en est là, grâce à ce troisième Grand Chelem remporté par une Russe en l’espace d’une année seulement, après Anastasia Myskina à Roland-Garros et Maria Sharapova à Wimbledon. Et ce n’est qu’un début.

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