Victoire de Barthez !

Victoire de Barthez !

Clémente, c’est le seul qualificatif que l’on peut attribuer à la sanction prononcée par la commission centrale de discipline de la Fédération française de Football (FFF) à l’encontre de Fabien Barthez. Accusé d’avoir craché au visage de l’arbitre marocain Abdellah El Âchiri, en marge des incidents ayant émaillé le match amical entre le Wydad Casablanca, le 12 février dernier, le gardien de but de l’équipe de France et de l’Olympique de Marseille s’en tirera à très bon compte : trois mois ferme et trois mois avec sursis.
 « Clémente », c’est aussi le seul mot qui sort de toutes les bouches des diverses personnalités du monde du football français. Cela ne peut refléter que le caractère injuste de cette sanction, mettant en exergue, par ailleurs, que l’acte de Barthez a été plus que minimisé. Sachant que le barème disciplinaire minimum de la FFF pour un crachat contre un officiel est de six mois ferme, l’on ne peut être que désagréablement surpris par la décision de la commission qui a statué sur l’acte en question. Une décision qui remet en question, pour ne pas dire qui fait perdre toute sa crédibilité à ladite commission.
En définitive, Fabien Barthez ne sera privé que de cinq matches, quatre en Championnat de France, en plus d’un match amical (!) devant opposer la sélection française de football à son homologue hongroise. Voilà, nul besoin de faire un dessin. Il est clair que la sanction en question a pris en compte plusieurs paramètres, notamment le calendrier du Onze français.
Et ceux qui ont été «désagréablement surpris» ne se comptent pas sur le bout des doigts. À commencer par Jean-François Lamour, ministre des Sports, celui-ci a qualifié la sanction de clémente et, partant, a incité le Conseil fédéral à faire appel de son propre jugement. «C’est une surprise. Je suis surpris quant à la sanction prise par la commission de discipline, une sanction qui est clémente. C’est un avis partagé par beaucoup. Ma surprise tient à ce que doit être le respect de l’arbitrage », a-t-il affirmé dans une déclaration à l’AFP.
Bernard Saules, président de l’Union nationale des arbitres de football, n’en revient pas non plus. «Chacun pourra constater que Barthez aura été suspendu pour cinq matches. On n’avait qu’à lui donner une semaine ferme et cinq ans avec sursis ! C’est grotesque », s’est-il indigné.  Du côté de la FFF, celle-ci a fait appel de ce verdict, après avoir constaté le décalage entre la lettre des règlements et la sanction prise. Le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez a qualifié la sanction de « pas conforme au règlement ». « Dans le foot, il y a des règles, la première est le respect des arbitres et des adversaires», a-t-il déclaré sur TPS.
La presse française, également, a fustigé de ce verdict indigne de l’instance qui l’a prononcé. «Coupable clémence pour Fabien Barthez», «Tir dévié pour Barthez», ou encore «Impuni!», tels sont les titres qui faisaient la Une, samedi dernier.
«De ce royaume des hypocrites où un crachat au corps serait moins grave qu’un crachat au visage, où une sanction ‘aménagée’ ménagerait aussi l’équipe de France, il n’y a plus grand chose à attendre. Sinon une révolution», écrit le Figaro, faisant allusion aux déclarations de Barthez, qui a récemment «précisé» qu’il n’avait pas craché au visage de l’arbitre, mais un peu plus bas.

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