WTA : la suprématie belge

L’année 2003, c’est l’année du tennis belge par excellence. L’une de ses deux meilleures représentantes, Justine Henin-Hardenne et Kim Clijsters dominent les courts, écrasant littéralement toute concurrence américaine, celle des Williams en premier lieu qui dominaient jusque-là le classement WTA. La plupart des grands tournois de la planète ont vu défiler ces deux soeurs siamoises du tennis belge. La première a décroché plusieurs titres dont les deux prestigieux Roland Garros et l’US Open. La seconde a quant à elle signé une éclatante victoire, pas plus tard que lundi dernier, en remportant le Masters féminin de tennis. Malgré cette victoire, la Flamande a perdu sa place de numéro un mondiale en faveur de sa compatriote, assurée de terminer l’année en tête du classement WTA. «C’est vraiment super», a déclaré Henin-Hardenne, lauréate de deux Grands Chelems. «Je suis très heureuse parce que cette saison a été excellente. J’ai frisé la perfection», a-t-elle ajouté. Clijsters a accepté avec élégance la perte de sa première place. « Elle a vraiment bien joué et elle le mérite», a-t-elle dit. «Je ne suis pas déçue parce qu’en ce moment je savoure ma victoire». Il est à signaler qu’Henin-Hardenne, 21 ans, avait passé sa première semaine au sommet de la hiérarchie mondiale à la mi-octobre en dépossédant Clijsters de sa couronne, qui l’avait récupérée la semaine suivante. Mais cette bonne entente n’a toujours pas régné entre les deux clans. Quelques semaines après le titre de Henin-Hardenne au Grand Chelem parisien, le clan flamand a parlé à demi-mot de dopage, en s’étonnant de l’évolution physique de la championne de l’US Open. Indignée, cette dernière a immédiatement réagi : «Mon seul dopage, c’est le travail». De ce conflit qui prend des allures de guerre communautaire entre Wallons et Flamands, s’est emparée la presse belge. La belle amitié entre les deux joueuses avait déjà connu un petit accroc après la finale du tournoi de San Diego lorsque Kim Clijsters avait accusé sa rivale d’appeler le kiné pour soigner une ampoule au pied droit au moment où le match lui échappait. Clijsters avait alors évoqué un «temps mort psychologique» qui allait lui coûter la victoire, avant d’ajouter qu’Henin était coutumière du fait. Mais les deux amies sont restées soudées malgré tout pour avoir connu les mêmes dures épreuves familiales. Henin et Clijsters ont perdu leurs mamans à un moment critique de leur vie. Il n’en demeure donc pas moins que les deux tenniswomen sont les vedettes d’une fédération de 200.000 licenciés, 120.000 du côté flamand et 80.000 du côté francophone. Et plus largement d’un pays d’un peu plus de 10 millions d’habitants dont le plus grand titre de gloire en tennis était jusqu’à cette saison, la demi-finale perdue, à Paris en 1997, par le talentueux Filip De Wulf contre le Brésilien Gustavo Kuerten, futur vainqueur mais alors inconnu.

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