Zaki, meilleur entraîneur de la CAN-2004

La réputation d’un homme de talent n’entre dans sa famille qu’en venant du dehors et en enfonçant un peu la porte. C’est exactement ce qui vient de se passer après le brillant exploit réussi par l’entraîneur de l’équipe nationale que les spécialistes compatriotes, du moins une écrasante majorité, désignaient au début comme étant un looser. Le journal britannique «The Guardian» vient d’écrire que Zaki émerge comme le meilleur coach de la CAN 2004 malgré la défaite de son équipe en match final. Cet ancien gardien de but et capitaine des Lions de l’Atlas des années 80, souligne le journal anglais, a réussi à bâtir une équipe jeune qui se distingue par un jeu ouvert, bien organisé et vif. Un constat qui aurait dû venir des Marocains eux-mêmes, mais bien avant la victoire contre l’Algérie en quarts de finale. Peu importe, puisque l’émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges. Ce que la mémoire de certains peut être courte. C’est incroyable comme revirement de jugement chez des gens qui n’auraient même pas misé un rond sur une éventuelle réussite de Badou Zaki en Tunisie aux dépens des plus grandes formations du football africain.
Ceux qui fustigeaient ce dernier à la moindre occasion, même quand le Maroc s’était qualifié à la CAN 2004 sans encaisser de défaite et encore moins de buts. Un extraordinaire coup de chance avaient dit les délateurs d’hier transformés comme par enchantement en zélateurs attitrés après la formidable prestation des Lions de l’Atlas. Le pire, et c’est là le comble de l’ironie hypocrite, c’est que les farouches anti-Zaki en particulier et anti-cadre national en général, se sont bousculés pour prendre le même avion que celui qui ramenait l’équipe nationale dimanche dernier pour se retrouver aux côtés de celui qu’ils méprisaient, il y a seulement quelques semaines. Ils ne l’avaient plus lâché depuis l’atterrissage de l’avion à la ville d’Agadir, jusqu’à la fin des fêtes au complexe Mohammed V à Casablanca.
Ils n’ont pas arrêté de le harceler de questions et de sourires narquois alors que le moment était à l’euphorie d’un vaste public qui a toujours cru en Zaki. La leçon à tirer de cet état de fait est très instructive. Peu importe le succès, il s’agit d’être grand, non de le paraître. Ce que Zaki a toujours essayé de faire comprendre à ses détracteurs qui n’ont jamais réussi à diminuer sa volonté de fer et sa grande confiance dans sa stratégie. C’est une occasion en or pour mettre en exergue le talent et le savoir-faire ainsi que le sens de la responsabilité dont fait montre le cadre national. Car parallèlement à l’exploit des Lions de l’Atlas en Tunisie, l’équipe nationale olympique et la sélection Maroc juniors se sont également distinguées ces derniers temps. Les premiers au Qatar et les seconds en Chine. Les deux formations sont encadrées respectivement par Mustapha Madih et Fathi Jamal, deux autres cadres marocains. Cela va sans parler des très bonnes performances de M’hamed Fakhir qui s’est octroyé le titre de champion du Maroc pour deux saisons successives en tant que coach du Hassania d’Agadir avec des moyens dérisoires et au détriment d’entraîneurs étrangers à la tête de grands clubs nationaux avec des salaires faramineux. Le même Fakhir allait récidiver en remportant la coupe du Trône avec l’équipe des FAR en début de saison après seulement quelques semaines en tant qu’entraîneurs de cette formation.
L’empreinte Zaki a conduit également trois joueurs marocain à la Dream Team de la Coupe d’Afrique 2004, en l’occurrence le portier Khalid Fouhami, le défenseur Abdeslam Ouaddou et l’attaquant Youssef Hadji. Trois éléments que les délateurs sus-cités en voulaient farouchement à Zaki de les avoir titularisés. Le coach national a prouvé qu’il est un grand travailleur, infatigable non seulement à inventer, mais encore à rejeter, passer au crible, modifier et arranger. Autrement dit, ce que n’ont jamais compris les délateurs attitrés, la défaillance se trouve ailleurs qu’au niveau de l’entraîneur ou des joueurs. Il est vrai que la compassion n’engage à rien, d’où sa fréquence avec une facilité inouïe.

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