Mohamed Amine Zariat : «TIBU a pu créer 16 centres dans 11 villes au Maroc en 2 ans et demi seulement»

Mohamed Amine Zariat : «TIBU a pu créer 16 centres dans 11 villes au Maroc en 2 ans et demi seulement»

Entretien avec Mohamed Amine Zariat, président et fondateur de l’organisation «Tournoi international de basket universitaire» «TIBU Maroc»

L’enfant défavorisé arrive à un âge où il se désintéresse de l’école, ses conditions de vie pèsent sur ses notes. Ce découragement qui le guette le rend davantage vulnérable et soumis à l’abandon scolaire. Dans ce contexte, nous offrons à l’enfant une activité gratuite dans son école et dans son quartier.

ALM : Comment vous est venue l’idée de créer TIBU Maroc ?

Mohamed Amine Zariat : Mon parcours a été rythmé par le basket-ball. J’ai commencé ce sport à l’âge de 12 ans, jusqu’à intégrer l’équipe nationale en 2008. Entre le basket et les études, il a fallu choisir, j’ai opté pour les études et j’avais toujours un rêve, celui d’organiser un Tournoi international de basket universitaire (TIBU). Quelques jours avant l’évènement, nous n’avions toujours pas décroché les fonds nécessaires pour nourrir et loger les équipes internationales. Il a fallu choisir entre maintenir ou annuler l’évènement. L’annulation nous a paru impossible, c’était l’image du Maroc qui en dépendait, nous nous sommes alors battus pour ramener des fonds. L’évènement a eu lieu et a connu un franc succès. De là nous nous sommes dit, pourquoi ne pas créer quelque chose qui va nous réunir durablement ? Nous avons alors créé en 2010 l’association à but non lucratif, TIBU Maroc, qui aujourd’hui utilise le basket-ball comme un vrai moyen d’éducation, d’inclusion sociale et de développement humain.

Quel est l’objectif de votre participation au Salon international des sports et loisirs ?

TIBU Maroc sera la seule organisation présente et qui est spécialisée dans le développement du basket au SISL. D’ailleurs, c’est notre 3ème participation à cet événement qui réunit l’ensemble des acteurs du sport.

Nous serons présents dans l’espace exposition à travers un stand ouvert au public afin de partager avec les différentes populations nos activités et nos programmes : Caravanes, summer camps, notre programme d’académie, notre programme handibasket, etc. Lors de cette 3ème édition, nos coachs et nos éducateurs vont proposer aux enfants des initiations au basket au niveau du village d’animation.

Enfin, nous allons aussi organiser une opération de basket 3×3 afin de permettre aux jeunes de s’exprimer à travers le sport.

A travers TIBU Maroc, vous luttez plus largement contre l’abandon scolaire et l’extrémisme. La pratique du basket-ball devient un tremplin éducatif pour les enfants issus de milieux défavorisés. Quelle est votre vision des infrastructures et programmes scolaires actuels au Maroc ?

Les centres n’auraient pu se faire sans l’appui du ministère de l’éducation nationale au Maroc, des acteurs économiques, l’ambassade des Etats-Unis au Maroc et les wilayas et préfectures du Royaume. Ce partenariat public-privé, en collaboration avec la société civile, permet de fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un seul et même projet. Des initiatives fleurissent dans la veine du programme 2015-2030 du Conseil supérieur de l’éducation nationale, dont nous mesurerons l’impact dans quelques années.

Nous avons conscience qu’il y a un problème d’éducation au Maroc. L’enfant défavorisé arrive à un âge où il se désintéresse de l’école, ses conditions de vie pèsent sur ses notes. Ce découragement qui le guette le rend davantage vulnérable et soumis à l’abandon scolaire. Dans ce contexte, nous offrons à l’enfant une activité gratuite dans son école et dans son quartier. Nous sommes là car nous voulons que les enfants réussissent à l’école, et pourquoi pas devenir des basketteurs de haut niveau. Le plus important reste, néanmoins, de grandir en étant des citoyens modèles. «Être citoyen» c’est s’engager auprès de son pays, de sa communauté et de son quartier. Nous essayons d’installer cette notion de «Give back» et de patriotisme pour qu’ils puissent aimer leur école, leur quartier et leur pays. Un psychologue accompagne le programme, il procède à un diagnostic individuel afin de capter leurs aptitudes sociales, leurs aptitudes scolaires, leur estime de soi et leur apparence physique. Nous évaluons le groupe et les individus. Nous faisons de la pédagogie différenciée pour que ceux qui ont des bons scores puissent driver ceux qui en ont des moins bons. Nous avons installé un système de création d’environnement positif. Les enfants vivent dans des milieux défavorisés, dans ce contexte leur estime de soi est fréquemment entachée. Nous adoptons des méthodes pédagogiques simples et positives. Nous les appelons par leurs prénoms, nous les regardons dans les yeux, nous leur donnons la parole, nous les laissons jouer… Toutes ces interactions positives engendrent une prise de confiance des jeunes. Ainsi, je pense que le programme de TIBU Maroc s’inscrit parfaitement dans la stratégie du pays qui vise à redynamiser l’éducation au Maroc.

Quel bilan faites-vous sept ans d’existence ?

Après sept ans d’existence, notre organisation poursuit encore son objectif principal de promouvoir, développer et vulgariser cette discipline auprès des jeunes à travers le Royaume. C’est notre cheval de bataille, surtout auprès des populations issues de quartiers défavorisés et celles à mobilité réduite. Depuis la création de TIBU Maroc et à ce jour, plus de 9 programmes ont été créés pour la promotion des valeurs du sport et le développement de la discipline du basket au Maroc : Caravanes nationales, opérations basket 3×3, camps d’été et tournois. En 2013, nous avons fondé la 1ère académie de basket au Maroc qui forme les jeunes au basket professionnel, les initie au leadership et à l’engagement civique et leur ouvre des perspectives à l’international. Deux ans après, TIBU Maroc a lancé la 1ère école de basket au Maroc pour les jeunes à mobilité réduite.

Enfin, nous avons aussi développé un projet de centre de basket pour le développement des compétences motrices, cognitives et socio-affectives au profit des jeunes benjamins dans les quartiers populaires du Royaume. TIBU a pu créer 16 centres dans 11 villes au Maroc en 2 ans et demi seulement.

Comment pensez-vous élargir la base des pratiquants de basket-ball dans un pays où le sport populaire est le football ?

L’élargissement de la base des pratiquants de basket au Maroc peut se faire à travers une fédération solide et puissante, des clubs et des associations structurés. Le potentiel au Maroc existe mais il manque une vision et une feuille de route pour les parties prenantes. TIBU Maroc en tant qu’acteur actif dans ce domaine continuera à déployer ses différents programmes destinés aux benjamins, collégiens, lycéens et universitaires. Il développera aussi des projets inspirants pour le basket féminin. L’expansion du projet des centres continuera et va atteindre 52 centres à l’horizon 2021 sur les 12 régions du Maroc. Enfin l’objectif n’est pas de concurrencer le football ou un autre sport mais juste rendre la pratique de cette discipline accessible à tous car nous avons la certitude que notre concept crée de l’impact au quotidien sur le plan personnel et physique des jeunes. Vive le sport !

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