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Algérie : La violence continue

Décidément, le spectre du terrorisme demeure toujours une réelle menace qui pèse sur la vie quotidienne en Algérie. Au moment où l’on parle d’une nette régression dans le taux de criminalité et d’une efficacité grandissante des services de sécurité, une seule opération comme celle qui a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi, chamboule toutes les données. La nuit du lundi à Thénia près de Boumerdas, un groupe constitué d’une trentaine d’individus environ présumés membres du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) a pris dans un traquenard un convoi des forces de l’ordre composé de plusieurs véhicules. Au total, sept membres des forces de sécurité ont été tués en plus des treize militaires et d’un adolescent qui ont été blessés.
Certains journaux algériens rapportent qu’il y a eu d’abord l’attaque d’une ferme par un groupe terroriste important, cette nuit-là, faisant de nombreuses victimes civiles dont on ignore le nombre exact. Un rescapé a pu échapper à cette tuerie et est allé prévenir les responsables du cantonnement militaire situé sur les hauteurs de Thénia. La patrouille qui s’était immédiatement déplacée sur les lieux est tombée dans un traquenard tendu par le groupe terroriste. Il était un peu plus de 22h30, ce lundi lorsque deux violentes explosions ont retenti secouant toutes les habitations de l’ex- Ménerville, suivis d’une intense fusillade qui a duré plus de trois quarts d’heure. Selon la presse locale, les trajectoires des balles traçantes étaient visibles de loin.
Les criminels, agissant sous les ordres du sinistre émir Saâdaoui alias Abou Haytem, chef de la zone II du GSPC pour tendre ce traquenard meurtrier, ont choisi un lieu situé à l’Est à mi-chemin entre le centre de la ville et le village de Thamsaout. Cet acte terroriste survient quelques jours après un faux barrage dressé sur la RN 5, dans la nuit du mercredi 11 août au niveau de la commune de Souk-El- Had limitrophe à celle de Thénia, et qui s’était soldé, par l’assassinat de deux citoyens. On impute ces actes à ce groupe de terroristes dont les membres sont au nombre de 70 environ, selon certains organes de la presse. Celui-là même qui avait auparavant incendié, en vidant des bidons d’essence, une modeste salle de jeux où les jeunes de Thamsaout s’adonnaient aux épreuves du baby-foot et autres jeux électroniques.
Le groupe serait commandé, toujours selon la presse locale, par un certain Niche, originaire de la région d’Aït-Amrane comme c’est le cas de plusieurs de ses complices natifs de Thénia et Souk-El- Had. Mais le groupe de Niche, à lui seul, ne pouvait pas organiser une telle tuerie. Et c’est vraisemblablement pour cette raison que le nom de « l’émir » Saâdaoui revient avec force. D’un autre côté, certains analystes algériens en concluent que les terroristes du GSPC se servent des ambiguïtés de la concorde civile et «des avatars d’une réconciliation nationale dont ils rejettent les termes dans le fond et dans la forme pour tisser des réseaux de soutien et porter ainsi leurs coups contre la République».
Les déclarations rassurantes du général Salah Ahmed Gaïd, le nouveau chef d’état-major de l’armée, au début du mois d’août, semblent insignifiantes. «Il ne subsiste plus que des groupuscules réduits au brigandage et à la rapine, de plus en plus insignifiants mais encore capables de nuisance contre nos populations isolées et sans défense », avait-il dit à ses troupes, leur demandant de « redoubler d’efforts pour éradiquer définitivement ce fléau». Certes, le combat contre le terrorisme constitue toujours la priorité des forces armées, mais ce qui est en train de se passer et la menace permanente vérifient le dicton qui préconise que ce n’est pas la façon dont sa lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.