En 2002, «tandis que les événements liés à la situation en Irak occupaient le devant de la scène, les droits humains étaient battus en brèche au nom de la lutte contre le terrorisme», écrit l’organisation de défense des droits de l’Homme, pour qui «la situation a empiré dans la plus grande partie» de cette zone régionale. D’une manière générale, «les atteintes à la liberté d’expression et de réunion se sont multipliées, tout comme les actes d’intimidation contre les défenseurs des droits humains» écrit l’ONG dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme, publié mercredi. Elle ajoute que «les exécutions judiciaires et extra-judiciaires, le recours généralisé à la torture et les procès inéquitables (figurent) toujours parmi les violations constatées dans la région». Et «cette année encore», relève le rapport, celles-ci sont restées dans l’ensemble impunies. La situation ne s’est pas améliorée, loin de là, avec les premiers mois de 2003 et la guerre en Irak. «De nombreux gouvernements se sont servis de la guerre pour justifier ou dissimuler des violations des droits humains.
De plus en plus, la liberté d’expression a été mise en péril, ce qui s’est traduit, en de nombreux lieux, par la répression des manifestations contre la guerre», spécialement en Jordanie, en Egypte et au Yémen, indique le rapport, ajoutant que la répression a été particulièrement violente dans ces deux derniers pays. Parmi les principales sources d’inquiétudes de l’ONG figure la situation en Irak ainsi que dans les territoires palestiniens. Rappelant l’anarchie qui a succédé à l’effondrement du régime tyrannique de Saddam Hussein, Amnesty écrit que «la situation en Irak continue à être caractérisée par une grande incertitude», d’autant que «la perspective d’une véritable autorité transitoire irakienne ne se dessine pas encore avec précision». Selon elle, «l’Irak doit, à l’avenir, assumer une tâche difficile entre toutes, qui consiste à donner au respect des droits humains dans ce pays une place centrale".
Le conflit israélo-palestinien a aussi été l’occasion de nombreuses violations des droits de l’Homme en 2002. «Dans les territoires occupés, l’armée israélienne s’est rendue coupable de violations qui constituaient des crimes de guerre», indique le rapport : «homicides illégaux», «entraves apportées à l’aide médicale», destruction de biens à grande échelle, utilisation de « boucliers humains», ou encore torture. Le rapport condamne aussi les groupes armés palestiniens, soulignant que les «homicides délibérés de civil» dont ils se sont rendus coupables constituent des «crimes contre l’humanité». Si tous les pays de ces régions, à l’exception du sultanat d’Oman, sont épinglés par Amnesty, celle-ci est particulièrement virulente avec certains.
En Iran, où «au moins 113 personnes ont été exécutées» en 2002, la répression s’est intensifiée contre les opposants, tout comme en Syrie, écrit Amnesty, qui, pour ces deux pays parle de très nombreuses arrestations pour des motifs politiques. Amnesty critique aussi la Tunisie, qui a poursuivi sa répression contre les opposants, et rappelle qu’en Algérie, où «le recours à la torture (est) toujours très répandu», des centaines de civils ont été tués par des groupes armés. En Libye, si 65 prisonniers politiques ont été libérés, des centaines d’autres sont toujours sous les barreaux, ajoute Amnesty, qui critique également la détention arbitraire d’islamistes présumés en Egypte.








