Les autorités afghanes et américaines ont qualifié mercredi de « très sérieuse » l’attaque à la grenade, mardi, contre deux soldats américains à Kaboul, le gouvernement afghan annonçant que cinq personnes au total, dont deux étrangers, avaient été interpellées.
Un porte-parole du contingent américain en Afghanistan a considéré cette attaque – la première contre des soldats américains à Kaboul – comme étant « très sérieuse ». « Nous savons que la situation est dangereuse et nous nous efforçons de prendre les mesures appropriées », a indiqué le capitaine Alayne Cramer lors d’un point de presse à la base aérienne de Bagram, à 50 km de Kaboul.
« La protection de notre force est notre priorité numéro un », a souligné l’officier.
Les deux militaires américains et leur interprète afghan ont été blessés par l’explosion d’une grenade lancée contre leur véhicule dans le centre de Kaboul, alors qu’ils revenaient d’une « mission de routine » dans le sud-est de la ville, selon un communiqué militaire américain.
Leur état de santé est « stable » et leurs vies « ne sont pas en danger », a souligné le porte-parole américain en précisant qu’un des militaires pourrait quitter, dès mercredi, le centre de soins où il a été admis.
Un jeune homme nommé Amir Jon, interpellé sur les lieux avec une deuxième grenade à la main, a avoué être responsable de l’attaque et indiqué « faire partie d’un groupe », a déclaré le ministre afghan de l’Intérieur, Taj Mohammad Wardak, qui s’est toutefois refusé à préciser la nature ou le nom de ce « groupe ».
Les forces américaines devaient être associées à l’enquête et, dès mardi soir, des militaires et enquêteurs américains se trouvaient d’ailleurs au ministère de l’Intérieur où était interrogé le principal suspect.
Quatre autres personnes ont été interpellées, dont deux « étrangers d’un pays voisin » que M. Wardak s’est refusé à identifier. Ces hommes n’ont pas été arrêtés sur les lieux de l’attaque, mais y seraient liés, selon lui.
« L’attaque démontre qu’il y a un réseau dans Kaboul », a poursuivi le ministre, en se disant « inquiet » d’éventuels nouveaux attentats.
Selon lui, le suspect, « très jeune et très intelligent », était arrivé la veille à Kaboul pour commettre un attentat et a déclaré aux enquêteurs « avoir été entraîné dans une région » que le ministre n’a pas voulu préciser. Mercredi, aucun renforcement notable de la sécurité n’était visible en ville.
La Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf), mandatée par l’ONU pour assurer la sécurité dans Kaboul, a de son côté minimisé l’incident : « Aussi tragique que soit cet événement, l’Isaf ne le considère pas comme un changement dans le niveau de menace. Nous n’avons pas modifié notre état d’alerte, qui reste au niveau bas », a déclaré un porte-parole de la force, le commandant Gordon Mackenzie.
« Evidemment, l’Isaf prend cet événement de manière très sérieuse », a poursuivi le porte-parole, selon qui, aucune attaque « directe » contre des militaires étrangers n’avait été enregistrée à Kaboul depuis le début du deuxième mandat de l’Isaf, il y a six mois. L’Isaf, dont les Etats-Unis ne font pas partie, compte quelque 4.600 hommes de 22 pays.
Des sources militaires soulignent qu’à la différence de l’Isaf, les Américains sont « engagés dans une guerre » en Afghanistan, menant la coalition antiterroriste contre les talibans et le réseau Al-Qaïda.
Les bases de la coalition menant l’opération « Liberté immuable » sont régulièrement prises pour cible, notamment dans l’est et le sud-est du pays, près de la frontière pakistanaise.
Sur les lieux de l’attentat, près d’un marché, Subhaan Nullah, un vendeur de cigarettes de 18 ans témoin de l’attaque de mardi, s’attendait en tout cas à de nouvelles violences. « Les ennemis du gouvernement s’affaiblissent et ils vont faire de plus en plus d’attaques pour montrer qu’ils existent toujours. »
• Stéphane Orjollet (AFP)









