Cette tournée de deux jours de Donald Rumsfeld, qui devait la prolonger mercredi par une visite au Qatar, intervient moins de deux semaines après le double attentat anti-israélien de Mombasa (Kenya), revendiqué par le réseau Al-Qaïda. Washington a également lancé de récentes mises en garde contre d’éventuelles attaques terroristes dans la région, notamment à Djibouti et au Yémen. Issaias Afeworki, le président de l’Erythrée, dont les côtes s’étirent sur environ 800 km sur la Mer rouge, a ainsi déclaré q’il était prêt à permettre aux Etats-Unis l’accès aux installations militaires de son pays dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. «Nous avons des ressources très limitées mais nous sommes disposés et prêts à les utiliser de toutes les façons qui contribueraient à la lutte contre le terrorisme», a déclaré M. Isaias à la presse après un entretien avec M. Rumsfeld. «Y compris l’accès aux installations militaires érythréennes pour les Etats-Unis ?», a demandé un journaliste. «Vous imaginez bien que c’est le moins que l’on puisse faire», a répondu le président érythréen. L’Erythrée dispose de pistes d’atterrissage capables d’accueillir des avions cargos gros-porteurs et des ports en eaux profondes, parfois utilisés par la marine américaine, selon un haut responsable du Pentagone.
En Ethiopie, autre allié traditionnel de Washington dans la région, et qui compte plus de 60 millions d’habitants, le premier ministre Meles Zenawi a également confirmé son soutien. « Je veux souligner le fait que,, dans la lutte mondiale contre le terrorisme, l’Ethiopie ne va pas hésiter. Nous ferons tout ce qu’il faudra pour combattre le terrorisme », a-t-il indiqué.
Selon lui, la menace terroriste est « un peu plus sérieuse » depuis que des membres d’Al-Qaïda sont soupçonnés d’avoir fui à la fin de 2001 l’Afghanistan et le Pakistan pour rejoindre la corne de l’Afrique, notamment la Somalie, dévastée depuis 1991 par une guerre civile. « Il y a eu quelques actes terroristes par le passé dans la région. selon certaines informations, il pourrait y en avoir d’autres à l’avenir », a-t-il ajouté, sans plus de précision. Enfin à Djibouti, situé à une position stratégique à l’entrée de la Mer rouge, les Etats-Unis vont probablement maintenir pendant plusieurs années leur présence militaire, a indiqué mercredi sur place M. Rumsfeld. « Je m’attends à ce que dans deux, trois ou quatre ans, ces installations (américaines) soient là », a-t-il indiqué au camp Lemonier, une ancienne base de la légion étrangère française, qui accueille désormais quelque 900 soldats américains. Les militaires américains sont déployés à Djibouti dans le cadre de la coalition internationale contre le terrorisme et plus particulièrement de la surveillance du golfe d’Aden et des eaux somaliennes. « C’est un bon endroit pour avoir un point de vue (sur la région) au cours des prochaines années », a expliqué M. Rumsfeld.
Ex-colonie française indépendante depuis 1977, Djibouti accueille la plus importante base militaire française à l’étranger, avec un effectif de plus de 2.700 soldats. Selon des sources militaires américaines, la base américaine «s’agrandit rapidement». Il y a moins d’une semaine, le secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires africaines, Walter Kansteiner, s’était rendu à Djibouti, assurant que ce pays était «un grand partenaire des Etats-Unis d’Amérique». Les autorités de Djibouti avaient toutefois précisé en septembre que leur pays se refusait à être utilisé comme «base d’attaque ou d’agression» contre un pays de la région.
• Jim Mannion (AFP)









