Irak : Attentat contre un chef chiite

Les bureaux de M. Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), qui conduit une liste donnée favorite pour les élections du 30 janvier 2005, ont été visés par un kamikaze à bord d’une voiture piégée. « Dieu merci, Abdel Aziz Hakim est sain et sauf », a déclaré à l’AFP son fils, Mohsen Hakim, attribuant l’attaque aux « ennemis de la nation irakienne qui refusent que les élections aient lieu à la date prévue ». « Ce sont les mêmes qui ont tué Mohammed Baqer al-Hakim », l’ancien chef du CSRII, tué en août 2003 par l’explosion d’une voiture piégée à Najaf, ville sainte chiite située à 160 km au sud de Bagdad, a-t-il dit. « 13 personnes ont été tuées et 66 autres ont été blessées », a indiqué à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur.
Abdel Aziz Hakim conduit la liste de la Coalition irakienne formée avec la bénédiction du plus prestigieux des chefs religieux chiites d’Irak, le grand ayatollah Ali Sistani. Le ministre de l’Intérieur, Falah al-Nakib, s’est rendu sur les lieux de l’attentat pour présenter ses condoléances aux familles des victimes et assuré que l’attaque n’allait pas affecter les préparatifs pour les élections, selon une source de son ministère. « J’ai vu une voiture foncer en sens interdit sur le poste de garde », a déclaré un habitant de ce quartier huppé, Rafed Adel, ajoutant que les gardes n’avaient pas réussi à stopper le véhicule qui a explosé avant de les atteindre. L’attaque contre les bureaux de M. Hakim intervient après des attentats le 19 décembre dans les villes chiites de Najaf et Kerbala, qui ont fait 66 morts et près de 200 blessés. Ces deux attentats ont été interprétés comme un avertissement aux chiites, majoritaires, avant les élections auxquelles ils s’apprêtent à participer en masse, encouragés en cela par leurs chefs religieux et spirituels. Quelques heures après l’attentat, la principale formation sunnite, le Parti islamique irakien, a créé la surprise en annonçant son retrait de la course électorale, pour protester contre le refus des autorités de reporter les élections de six mois dans le but d’une amélioration de la sécurité.
« Nous nous retrouvons dans l’obligation de nous retirer », a annoncé le chef du parti, Mohsen Abdel Hamid, dont le parti avait formé une liste de 275 candidats pour les élections, soit autant que le nombre des sièges de l’Assemblée nationale constituante qui doit être élue. Ce retrait laisse dans la course d’autres listes comprenant des sunnites, notamment celle d’Adnane Pachachi, chef du Rassemblement des démocrates indépendants. Pour M. Abdel Hamid, « la situation est très grave et il y a plus de six provinces (sur les 18 que compte le pays) où les élections ne pourront pas se tenir de manière normale ». « Les élections ne peuvent être crédibles sans la participation de toutes les provinces », a-t-il estimé.
En visite en Chine, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré que « les élections dans des régions dangereuses comme Mossoul et autour de Bagdad pourraient être retardées pour que nous puissions concentrer nos moyens en matière de sécurité ». L’armée américaine a annoncé que l’un de ses soldats avait été tué et un autre blessé dans une attaque à la bombe dimanche à Samarra, au nord de Bagdad. Des sources sécuritaires irakiennes ont affirmé que douze Irakiens avaient été tués dans cette région dimanche et lundi, dont sept soldats de la Garde nationale, mais l’armée américaine n’a confirmé que la mort de trois enfants tués, selon elle, par des tirs rebelles. Les corps de six Irakiens accusés de « collaboration » avec les forces étrangères et exécutés par balles ont par ailleurs été retrouvés à Ramadi, chef-lieu de la province sunnite rebelle d’Al-Anbar, à l’ouest de Bagdad.

• Lamia Radi (AFP )

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