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La guerre de l’eau va faire rage

Les tensions régionales liées au contrôle de l’eau vont augmenter sur notre planète qui s’assèche, mais les craintes de "guerres de l’eau" s’estompent car les pays améliorent leur coopération sur cette question, ont estimé des experts à la Conférence internationale sur l’eau à Stockholm.
«Quand 60% de la population mondiale souffre du manque d’eau, il est facile d’imaginer les conflits potentiels», a expliqué à l’AFP Patricia Wouters, directrice de l’Institut international de recherche sur les lois et l’eau de l’Université Dundee, en Ecosse.
En 1988, l’ancien secrétaire général de l’Onu alors ministre des Affaires étrangères de l’Egypte Boutros Boutros Ghali, prévenait que "le prochain conflit dans notre région sera dû aux eaux du Nil, non à la politique".
Alors que l’Onu prévoit que d’importantes régions du monde, dont la Chine et la plupart des pays arabes, feront face à de sérieuses pénuries en eau d’ici une décennie, les gouvernements ont démontré leur détermination à résoudre ces questions par le dialogue.
«Il y aura toujours des tensions, c’est sûr, mais l’eau ne sera pas la cause de conflits violents», a estimé Anders Jaegerskog, spécialiste du développement et de la question de l’eau au Moyent-Orient, au ministère suédois des Affaires étrangères, présent à la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm, qui a réuni quelque 1.000 experts, dont des ministres, venus de cent pays.
De plus, les Etats ont réalisé à quel point une guerre motivée par l’approvisionnement en eau est coûteuse.
Israël, qui a passé des accords d’approvisionnement en eau avec la Jordanie et les Palestiniens en est un exemple.
«Si Israël souhaitait avoir le contrôle total de ses sources d’eau, il devrait prendre possession de parties de la Syrie, de la Jordanie et du Liban. Mais il a un résultat bien moins coûteux avec le dessalement», a noté M.Jaegerskog.
Le fait de pouvoir importer de la nourriture, comme le font les pays du Moyen-Orient qui ne peuvent cultiver certains produits faute d’eau, a également contribué à désamorcer les tensions.
L’Onu a tenté d’établir un cadre légal pour la résolution des conflits liés à l’eau, mais une convention datant de 1997 n’a pas encore été ratifiée par suffisamment d’Etats pour entrer en vigueur. Une distinction est pourtant nécessaire, a estimé Mme Wouters, de l’Université Dundee, selon qui le monde se divise entre ceux qui ont l’accès à l’eau et ceux qui ne l’ont pas.
«Nous avons besoin d’une loi pour protéger les faibles, pour créer un terrain de jeu équitable», a-t-elle affirmé.
Mais en dépit de l’absence de cadre légal, les organisations internationales ont déjà entrepris de s’impliquer dans la résolution de conflits liés à l’eau, mettant à contribution leur expertise et leurs moyens.
Ainsi, la Banque mondiale a sponsorisé l’initiative du Bassin du Nil qui réunit les dix pays se partageant le plus long fleuve du continent africain. La plupart sont pauvres et politiquement instables et leur population devrait doubler d’ici 25 ans, "ce qui ajoute encore de la pression sur (les questions liées à) l’eau et les autres ressources naturelles", observe la Banque mondiale.
Beaucoup de pays ont besoin d’une aide importante en termes d’expertise et d’infrastructures, avant même de pouvoir se demander comment ils vont s’assurer un accès à l’eau, et qui va payer pour cela "est la question sans réponse", a mis en garde Alistair Rieu-Clarke, chercheur et enseignant à l’Université de Dundee.

• Jurgen Hecker (AFP)

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