24 heures

La voie de la radicalité

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Le département d’Etat américain a loué, dans son rapport annuel, les efforts du Maroc dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.
Ce rapport, qui évalue annuellement les actions entreprises par chaque état dans le cadre de la guerre internationale contre le terrorisme, indique que le Maroc «a suivi une approche globale de lutte contre le terrorisme fondée sur des mesures de sécurité préventives». Cette phrase, à elle seule, résume toute la philosophie de la stratégie adoptée par les autorités marocaines en matière de lutte contre les organisations terroristes. En effet, l’approche marocaine, contrairement à celle adoptée par la majorité des pays du monde arabe, se base sur une action par anticipation mais qui revêt un aspect multidimensionnel.
Dans le volet sécuritaire, l’aspect le plus important dans toute lutte antiterroriste, le Maroc a, dès le début, inscrit son action dans la normalité et non dans l’exception. Aussi toutes les opérations policières qui vont de l’interpellation à l’établissement de procès-verbaux en passant par les interrogatoires, se font dans le cadre de la loi et sous la supervision du ministère public. La piste de «l’état d’exception sécuritaire» auquel certains pays, notamment arabes, ont recouru dans leur lutte contre le terrorisme a été catégoriquement exclue au Maroc.
La deuxième particularité marocaine concerne le volet politique. Politiquement, les attentats du 16 mai 2003 n’ont pas conduit à l’exclusion d’une partie du paysage partisan marocain ayant une sensibilité islamiste. La sérénité dont ont fait preuve les autorités marocaines a fait éviter au pays le risque de créer, chez une frange de la société, une frustration politique dont on n’aurait pas maîtrisé les conséquences.
La troisième exception marocaine concerne l’approche sociale. La politique de développement humain et la volonté avérée des autorités publiques de lutter contre la marginalité sociale, qui avait commencé bien avant les attentats puisqu’elle fait partie du projet de société porté par le nouveau règne, a privé les organisations terroristes d’un terrain fertile dont elles se servaient de pépinière pour cultiver la haine et produire des kamikazes.