Oussama Ben Laden, une affaire rentable

La chaîne de télévision Al-Jazira, qui a prospéré grâce à ses scoops en Afghanistan et sur Oussama Ben Laden, s’est dotée d’un plan de développement qui met à contribution ses premiers profits.
Son directeur Mohammad Jassem Al-Ali s’est contenté de sourire lorsqu’il a été interrogé par l’AFP sur le fait de savoir si l’homme le plus recherché au monde était bon pour faire des affaires.
Il a cependant admis que la diffusion en exclusivité des cassettes vidéo du terroriste présumé saoudien et de ses proches collaborateurs menaçant les Etats-Unis de nouveaux attentats, après ceux du 11 septembre, avait fait d’Al-Jazira la première chaîne de télévision dans le monde arabe. « Nous réalisons de petits profits pour la 6ème année d’activité », a déclaré à l’afp M. Al-Ali, sans donner de détails.
Dimanche, Al-Jazira a encore marqué un point : elle a diffusé un enregistrement sonore du porte-parole du réseau Al-Qaïda affirmant que Ben Laden et son état-major se portaient bien et menaçent de mener de nouvelles attaques anti-américaines.
Le rédacteur en chef de la chaîne, Ibrahim Hilal, a admis que l’enregistrement était resté disponible sur un site internet pendant au moins deux jours avant que la chaîne satellitaire qatariote en soit alertée par un journaliste. Selon cet enregistrement, le porte-parole d’Al-Qaïda, Souleiman Abou Ghaïth, a promis que « le monde entier (…) va bientôt avoir le plaisir de voir Ben Laden sur les chaînes de télévision ». Al-Jazira espère obtenir la priorité et a décidé de diffuser, dans quelque trois mois, une version anglaise de son site internet aljazeera.net, préparé avec succès jusqu’ici en langue arabe.
Une chaîne documentaire devrait commencer à émettre en langue arabe en mars 2003, alors que des négociations sont toujours en cours pour le lancement d’une chaîne d’informations économiques. Les ventes de ses exclusivités se sont développées à travers le monde et les recettes de la publicité ont augmenté malgré les accrocs qu’Al-Jazira a eus avec certains gouvernements arabes pour son franc-parler, selon M. Al-Ali. Il n’est pas d’avis qu’Al-Jazira doit à Ben Laden sa réputation, qu’il explique en premier lieu par la couverture de son bureau, ouvert à Bagdad, des raids américano-britannniques en Irak en décembre 1998, puis par l’ouverture en 1999 du bureau de Kaboul. « Nous sommes allés à Kaboul après l’attaque aérienne américaine contre une base présumée d’Al-Qaïda, en prévision d’une guerre dans ce pays », a expliqué le directeur d’Al-Jazira. La chaîne s’est récemment implantée à Pékin, Berlin et New Delhi, portant à 28 le nombre de ses bureaux dans le monde. Elle a des projets pour Tokyo et l’Amérique Latine.
Dans son modeste siège à Doha, des projets d’agrandissement sont en cours pour accueillir un personnel qui compte désormais 500 employés.

• Barry Parker (AFP)

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