« J’espère que lors de ce sommet il y aura une proclamation sur la fin totale des violences et des combats », a affirmé le numéro deux du gouvernement israélien Shimon Peres. En attendant, les deux parties mettaient les bouchées doubles pour préparer ce sommet auquel participeront le Premier ministre israélien Ariel Sharon, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sous l’égide du président égyptien Hosni Moubarak et en présence du souverain jordanien Abdallah II. Le cabinet de sécurité israélien a discuté dans la matinée d’une série de « gestes » envers les Palestiniens.
Dans la journée, Dov Weisglass, le conseiller de M. Sharon ainsi que le ministre de la Défense Shaoul Mofaz devaient rencontrer le ministre palestinien chargé des négociations Sakb Erakat, Mohammad Dahlane, proche conseiller de M. Abbas pour les affaires de sécurité, ainsi que Hassan Abou Libdeh, directeur général du bureau du Premier ministre, a indiqué à l’AFP M. Erakat. Ce dernier a précisé qu’il s’agirait de la dernière réunion de préparation avant le sommet en Egypte. « Nous avons décrété un cessez-le-feu et la partie israélienne doit annoncer la même chose », a déclaré de son côté M. Abbas devant des journalistes.
Mais une incertitude demeurait sur le sens exact de ces propos, dans la mesure où jusqu’à nouvel ordre aucune annonce formelle d’un cessez-le-feu n’a été faite de la part des groupes armés palestiniens, lesquels se sont simplement engagés auprès de M. Abbas a respecter une « période d’accalmie ».
Le cabinet de sécurité israélien devait de son côté décider du transfert « graduel » du contrôle à l’Autorité palestinienne de cinq villes de Cisjordanie (Jéricho, Tulkarem, Bethléem, Kalkiliya et Ramallah), de la libération de centaines de prisonniers palestiniens, et de la fin des poursuites contre des Palestiniens recherchés accusés d’être impliqués dans des attaques anti-israéliennes. Dans l’après-midi, un comité ministériel israélien a donné son accord de principe à ces mesures. En revanche, Israël a exclu de mener des négociations politiques sur la Feuille de route, le dernier plan de paix international, lors du sommet. « Ce sommet sera l’occasion de proclamations, ce qui est important, mais il n’y aura pas de négociations politiques sur la Feuille de route, car c’est encore prématuré », a affirmé à l’AFP un responsable à la présidence du Conseil, qui a requis l’anonymat. « Il faut d’abord que les Palestiniens respectent leurs engagements inclus dans la «Feuille de route». Ils ne peuvent pas se contenter de déclarations ou du déploiement de policiers sur le terrain. Il faut qu’ils commencent vraiment à démanteler les organisations terroristes », a ajouté ce responsable. Il faisait allusion au déploiement la semaine dernière de quelque 4.000 policiers palestiniens dans la bande de Gaza. « Israël commencera les discussions sur les frontières de la future entité palestinienne, sur Jérusalem, sur les réfugiés palestiniens ou sur l’eau uniquement lorsque les Palestiniens auront prouvé qu’ils luttent contre le terrorisme et les incitations à la violence », a souligné ce responsable. La « Feuille de route » prévoit la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en 2005.
Les Etats-Unis affichaient de leur côté leur optimisme. « Le but de deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix, est à portée de main et l’Amérique les aidera à atteindre cet objectif », a proclamé mercredi le président George W. Bush devant le Congrès. Le président a annoncé que le budget qu’il va présenter la semaine prochaine prévoit une aide de 350 millions de dollars pour les Palestiniens. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice doit entamer une visite dimanche dans la région.
• Jean-Luc Renaudie (AFP)









