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Rice : Une «fauconne» parmi les faucons

Elle a été conseillère à la Sécurité nationale depuis quatre ans et en même temps une proche confidente et une amie personnelle de George Bush. Cette célibataire est traitée comme un membre de la famille, passant souvent le week-end à Camp David avec le couple Bush. Il se murmurait pourtant que Condoleezza Rice allait reprendre sa brillante carrière universitaire si Bush avait perdu les élections présidentielles.
Quelques années plus tôt, et après avoir pris congé de son poste de doyen de l’Université de Stanford, Rice est chargée de définir les orientations en matière de politique extérieure et de défense du candidat Bush Jr. L’on disait aussi qu’elle briguait les clés du Pentagone, mais elle a succédé finalement à Colin Powell. Agée d’une cinquantaine d’années, Mme Rice est le deuxième membre de la communauté noire et la deuxième femme à être nommée secrétaire d’Etat après Madeleine Albright.
De nombreux commentaires et articles relevaient mardi que Mme Rice a, ces dernières années, souvent fait pencher la balance en faveur des « faucons » de l’Administration Bush, comme le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, ou le vice-président Dick Cheney, laissant M. Powell isolé, en particulier sur l’Irak. Elle s’est tenue constamment aux côtés de George Bush dans les moments difficiles qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 et qui ont précédé les guerres en Afghanistan et en Irak. Le président américain n’a pas mâché ses mots en déclarant que la présence de Mme Rice, dans son sillage, lui a été d’une grande utilité. « Au cours des quatre dernières années, je me suis appuyé sur ses conseils, bénéficiant de sa grande expérience et appréciant son discernement fiable et équilibré », a-t-il déclaré. D’ailleurs, il l’appelle souvent par son surnom, « Arroz », qui signifie « riz » en espagnol. Condoleezza Rice est née le 14 novembre 1954 à Birmingham, dans l’Alabama, et elle rappelle souvent qu’elle a connu la ségrégation raciale en perdant l’une de ses amies dans l’attentat raciste qui a coûté la vie à quatre jeunes filles noires dans une église baptiste de Birmingham, en 1963. Ses parents, le révérend John Rice et son épouse Angelina, sont décédés.
Spécialiste de l’ex-URSS, conservatrice à l’allure froide, Mme Rice tranche avec l’image de l’ex-général Powell, le contact facile du vieux soldat et adepte d’une diplomatie ménageant les alliances et la négociation. Le célèbre journal américain « The Washington Post » estime dans un article d’analyse que ce changement à la tête de la diplomatie américaine « traduit le triomphe d’une conception tranchante de la diplomatie adoptée par le vice-président Cheney et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld ». Les épreuves en perspective sont nombreuses pour Mme Rice une fois qu’elle prendra ses fonctions. En premier lieu le dossier irakien avec les élections prévues en janvier, et menacées par la violence. Une autre priorité attend la nouvelle secrétaire d’Etat, l’Iran en l’occurrence. La ligne à suivre envers ce pays n’a jamais fait l’unanimité au sein du staff Bush.
Elle sera également confrontée au dossier épineux du Proche-Orient, qui va certainement entamer une nouvelle phase de post-Arafat. Et enfin, Mme Rice aura à trouver comment décrisper les relations avec les anciens alliés européens que la politique de George Bush a sérieusement tendues. Tout compte fait, la nomination de Condoleeza Rice confirme une chose : les faucons ont désormais la mainmise sur la politique internationale des Etas-Unis d’Amérique pendant au moins quatre années.

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