L’Arabie Saoudite, au centre d’une intense activité diplomatique, s’en tient à ce qu’une future conférence sur le Proche-Orient applique le plan de paix arabe élaboré à son initiative, ont indiqué lundi des diplomates.
Les contacts actuels sont « axés sur la nécessité d’appliquer le plan arabe de paix, qui a été accepté par tout le monde à l’exception d’Israël », a déclaré à l’afp un diplomate arabe.
« Les saoudiens insistent pour que ce plan soit au coeur de toute initiative sur le Proche-Orient », a-t-il ajouté. « Il faut désormais contraindre Israël à accepter le plan et à l’appliquer, d’autant qu’il a été soutenu par les européens, les américains et les arabes », selon lui. Ce plan, lancé par le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz et adopté fin mars par le sommet arabe de Beyrouth, propose à Israël une normalisation en échange de son retrait de tous les territoires arabes occupés en 1967. Le prince Abdallah, qui dirige de facto le royaume saoudien, a reçu dimanche à Djeddah le chef de la diplomatie de l’Union Européenne Javier Solana, et a eu un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’onu Kofi Annan.
Mercredi, le prince héritier saoudien a averti que le gouvernement israélien d’Ariel Sharon devrait choisir entre la paix, proposée par le plan arabe, et l’effusion du sang que constitue la poursuite du conflit israélo-palestinien.
Ce conflit et les perspectives d’une conférence annoncée par Washington pour l’été devraient dominer les entretiens du secrétaire d’Etat américain adjoint chargé du Proche-Orient, William Burns, attendu lundi à Djeddah, selon un diplomate occidental.
Le prince Abdallah devrait évoquer les mêmes thèmes avec le Roi Mohammad vi du Maroc, président du comité Al-Qods relevant de l’organisation de la conférence islamique (oci), attendu lundi en Arabie Saoudiite, dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient.
La prochaine conférence ministérielle de l’oci, prévue le 25 juin à Khartoum, doit consacrer une partie de ses travaux à la question palestinienne. Les Etats-Unis, qui ont salué le plan arabe, appellent désormais, à la demande de Sharon à la tenue d’une conférence internationale pour relancer le processus de paix au Proche-Orient. « Les saoudiens tiennent à ce que toute conférence discute d’un mécanisme d’application du plan de paix arabe, et non du lancement de nouvelles négociations », a indiqué le diplomate arabe.
Mais Israël et les Etats-Unis exigent au préalable l’introduction par l’autorité palestinienne de réformes structurelles politiques et sécuritaires, dans la perspective d’une telle conférence. « Nous avons eu l’assurance de responsables saoudiens que les réformes sont une affaire palestinienne interne dans laquelle le Royaume n’interviendra pas », a indiqué à l’afp le représentant palestinien à Ryad Moustafa Al-Cheikh Dib. Il réagissait à des informations de presse selon lesquelles Burns devrait demander à Ryad d’exercer des pressions sur l’autorité palestinienne pour hâter ces réformes.
• Omar Hassan (AFP)









