24 heures

SM le Roi convié à Charm Al-Cheikh

L’Egypte se prépare à accueillir mardi prochain un sommet entre le président George W. Bush et ses principaux alliés arabes pour une démonstration de l’implication américaine au Proche-Orient, mais les doutes perdurent quant à un règlement rapide du conflit israélo-palestinien. L’émissaire américain pour le Proche-Orient, William Burns, est arrivé jeudi en Egypte pour préparer le sommet et devait être reçu vendredi par le président égyptien, Hosni Moubarak, dans la station balnéaire de Charm Al-Cheikh (nord-est), où se tiendra la réunion. Le sommet doit réunir au moins cinq dirigeants arabes autour de M. Bush. Le président américain doit survoler le lendemain la mer Rouge pour tenir un deuxième sommet à Aqaba, dans le sud de la Jordanie, avec le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, son homologue israélien Ariel Sharon et le Roi Abdallah II de Jordanie.
Selon la présidence égyptienne, M. Moubarak aura un entretien avec son homologue américain pour discuter des relations bilatérales, avant le sommet proprement dit auquel sont conviés le Prince héritier d’Arabie saoudite, Abdallah ben Abdel Aziz, les Roi de Jordanie et de Bahrein Hamad Ben Issa Al-Khalifa ainsi que SM  Mohammed VI et le Premier ministre palestinien. Le sommet doit être axé sur « le processus de paix au Proche-Orient, l’avenir de l’Irak et sa stabilité, les efforts internationaux visant à combattre le terrorisme et la coopération économique », a indiqué la présidence égyptienne. Des responsables américains qui ont requis l’anonymat ont souligné pour leur part que « la principale question » à l’ordre du jour serait la « feuille de route », mais n’étaient pas au courant d’une participation du Premier ministre palestinien Abou Mazen. Ce plan de paix international prévoyant la création d’un Etat palestinien d’ici à 2005 a été accepté par les Palestiniens et par les Israéliens, qui ont toutefois assorti leur feu vert de 14 « remarques ». L’ambassadeur palestinien en Egypte, Mohamed Sobeih, a déclaré à l’AFP que le Premier ministre palestinien appellerait au cours du sommet M. Bush à intervenir pour faire cesser les attaques israéliennes et s’assurer que la feuille de route serait appliquée sans modifications. Il a ajouté que l’intensification des attaques israéliennes et l’annonce de nouvelles implantations juives dans les territoires palestiniens réduisaient les chances de mettre fin à un cycle de violence de 32 mois et d’insuffler vie au processus de paix moribond. « Des gestes de bonne volonté » sont nécessaires, a-t-il dit, estimant que les deux sommets constituaient « la seule chance » de mettre un terme aux souffrances des deux parties. Mais le quotidien gouvernemental égyptien Al Ahram a estimé jeudi que les deux sommets ne devaient pas susciter un optimisme arabe démesuré quant à un règlement rapide du conflit. « Avec la rencontre qui se prépare entre Bush, Sharon et Abou Mazen, beaucoup tomberont dans l’illusion que l’administration américaine assume ses responsabilités et donne un élan à la feuille de route pour entamer le processus de paix promis par le président américain depuis un an », avertit l’éditorialiste Salama Ahmed Salama. « Il serait absurde que certains se laissent emporter par un optimisme démesuré, car lors de précédentes tentatives, la médiation menée par l’administration de Bill Clinton avait permis de parvenir à la phase d’un accord final, ou presque, puis Israël a tout sapé d’un seul geste », écrit-il. Cette nouvelle démarche « intervient avec retard, et après la guerre contre l’Irak, avec les sentiments de défaite et de frustration dans le monde arabe », ajoute-t-il.


Lachlan Carmichael (AFP)

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