Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a estimé que WikiLeaks avait un rôle «très utile» pour mettre à nu «l’hypocrisie américaine» et révéler «la vraie diplomatie» de Washington, dans des déclarations publiées, mercredi, par l’agence libyenne Jana. WikiLeaks a «mis à nu l’hypocrisie américaine» et révèle que «les relations des États-Unis avec ses alliés même étaient hypocrites», a déclaré le colonel Kadhafi, cité par Jana. L’agence publie le texte intégral d’une vidéoconférence donnée jeudi dernier par le dirigeant libyen à la London School of Economics. WikiLeaks a «prouvé que l’Amérique n’était pas comme elle le laissait croire à ses alliés ou amis», a-t-il ajouté en réponse à une question sur le site WikiLeaks qui a publié 250.000 télégrammes diplomatiques américains confidentiels, certains impliquant Tripoli. Selon lui, «la vraie diplomatie américaine a été révélée par les documents confidentiels» publiés par WikiLeaks. Se déclarant «pour la liberté et contre l’étouffement des voix et des idées», il a estimé que le site était «très utile pour révéler les complots qui se trament en coulisses contre les personnes et les peuples». Il a espéré enfin que le site puisse continuer à publier «toutes ces communications secrètes qui mettent à nu l’hypocrisie internationale», estimant toutefois que WikiLeaks «pourrait perdre sa crédibilité s’il commence à pêcher dans les eaux troubles et à porter atteinte à l’image des gens». Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a estimé que la santé d’Abdelbaset al-Megrahi, le Libyen condamné à la prison à vie pour l’attentat de Lockerbie, a été négligée en prison et son cancer a été ignoré «délibérément», a rapporté, mercredi, l’agence libyenne Jana. «Nous regrettons qu’ils ne se soient pas intéressés à sa santé et qu’ils ne l’aient pas soumis à un examen périodique avant que le cancer ne se déclare», a déclaré le colonel Kadhafi. «S’il meurt, sa famille va demander que soient jugés ceux (…) qui l’ont abandonné délibérément avant que le cancer ne se soit déclaré, puis jusqu’à ce qu’il l’ait envahi», a-t-il ajouté, en réponse à une question sur l’état de santé de Megrahi. Sa santé est actuellement «très déteriorée», a affirmé le numéro un libyen, cité par Jana qui publie le texte d’une vidéoconférence donnée jeudi dernier par le dirigeant libyen à la London School of Economics. «Il est toujours en vie mais il souffre», a-t-il déploré, affirmant ne pas avoir revu Megrahi depuis son arrivée à Tripoli en août 2009. «Je l’ai vu à son arrivée. Mais je ne l’ai plus revu depuis». Abdelbaset al-Megrahi a été libéré pour des raisons humanitaires, en août 2009, de sa prison en Ecosse, après que des médecins lui aient diagnostiqué un cancer de la prostate qui ne lui aurait laissé que trois mois à vivre, ce qui avait suscité une vague d’indignation aux États-Unis.
Toujours vivant plus d’un an après, le Libyen est le seul condamné dans l’attentat de 1988 contre un Boeing de la Pan Am qui avait explosé au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, tuant 270 personnes, la plupart américaines.









