Chroniques

Post-scriptum : Maghreb, contrevérités, amalgames…

© D.R

Vraiment il y a de quoi se poser des questions sur leurs compétences ! Certes, il ne faut pas généraliser et il existe de vrais analystes et commentateurs qui connaissent leur sujet, mais ceux là font preuve de mesure et de retenue dans leurs propos, précisément parce qu’ils connaissent «le terrain» ! Je vous avoue que ce que j’ai entendu de pire est sûrement la diatribe d’un (ex) journaliste marocain baptisé d’un pompeux «spécialiste du Maghreb» sur la chaîne I-Télé, alors qu’il serait bien incapable de décrire un quartier de son propre pays tel «Hay Mohammadi» ou «Sidi Othman»…Pathétique ! Si je devais résumer le message diffusé à longueur de journaux télévisés, cela pourrait être d’une phrase, répétée sur tous les tons : «Maghreb, maintenant à qui le tour ?». S’ensuit alors une liste des pays «susceptibles d’être contaminés par l’onde de choc tunisienne» qui vont- selon ces commentateurs- de l’Egypte à la Mauritanie en passant par l’Algérie, la Jordanie et bien sûr… le Maroc. Même s’il est vrai que notre pays est moins souvent cité ou avec plus de prudence il n’empêche qu’il s’agit là bel et bien d’amalgames. Un peu comme si nous, lorsqu’ un événement survient en Allemagne, nous prédisions que l’Angleterre allait suivre inexorablement ou encore que si la France connaissait un fait majeur, l’Italie ferait de même. Absurde non ? Loin de moi l’idée de dire que nous sommes meilleurs que d’autres ou que nous ne connaissons aucun problème, non, je veux simplement demander à ces journalistes de faire correctement leur travail c’est-à-dire prendre en compte les spécificités de chaque pays, s’intéresser à l’Histoire particulière de chacun, aux populations qui diffèrent, aux régimes qui ne sont pas comparables,…etc… etc. Bien sûr les traits communs existent et les problèmes que connaît un pays se retrouvent dans l’un ou l’autre, tels  le chômage, le mal-être de la jeunesse, l’exclusion, l’absence de perspectives…mais en quoi cela est-il une spécificité du Maghreb ? Tous les pays européens, eux aussi, vivent ces maux.  Alors ! Le Maroc, pas plus qu’aucun autre pays, n’est indemne de ces problèmes et nul n’est à l’abri de mouvements de mécontentement mais ce qui s’est passé en Tunisie n’est pas né en un jour, c’est le fruit d’années et d’années de frustration, de mépris, de sentiment d’injustice… or sans tomber dans l’angélisme, faisons au moins preuve d’objectivité pour dire que ce n’est pas ce que nous vivons, que nous avons su prendre nos problèmes à-bras-le corps et que nous sommes sur un chemin où les progrès sont palpables, où la liberté d’expression se vit, où l’espoir que demain sera meilleur est permis, où la jeunesse sent qu’elle n’est pas laissée à l’abandon… Bien sûr que beaucoup reste à faire mais au moins nous avançons, nous sommes en mouvement ! Et ça ce n’est pas rien ! Plutôt que de tenter de nous «couper les jambes» ne serions-nous pas en droit d’attendre de la part de ces commentateurs un minimum de déontologie si ce n’est de soutien ? A moins que d’aucuns ne prennent leurs désirs pour des réalités ?!

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