Approche globale. C’est la conclusion de la rencontre, jeudi 22 janvier 2004, entre les représentants de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (la Fisa) et le Premier ministre. Au lieu d’une solution des problèmes du secteur, au cas par cas, le gouvernement s’est engagé pour une mise à niveau générale de l’Agriculture. Des mesures de réformes profondes visant la structuration de l’efficience et la compétitivité du secteur seront mises en oeuvre par le ministère de l’Agriculture dans le cadre d’un programme de développement global en concertation avec l’interprofession. Sur le fond, quelques questions demeure en suspens, notamment en ce qui concerne le « conjoncturel ». L’augmentation des coûts des intrants entrant dans la composition des aliments de volaille, le maïs en particulier, n’a pas encore trouvé de solution.
A la FISA, où l’on ne cache pas la satisfaction des résultats de la rencontre avec la Primature, l’heure est à l’optimisme. Un compromis, y note-t-on, ne saurait tarder. Pour rappel, les aviculteurs réclamaient une baisse des droits de douane sur l’importation du maïs. Actualité oblige, les répercussions de la zone de libre-échange USA-Maroc sur le secteur ont été parmi les thèmes qui ont volé la vedette. Concernant cet accord, la FISA est plutôt réaliste : « Il ne faut pas rester les mains croisées. Les prix aux USA n’ont rien à voir avec ceux pratiqués ici. Si nous voulons survivre à l’ouverture du marché, nous devons travailler dans le sens d’une meilleure rationalisation des coûts », déclare un membre du bureau de la Fédération. Dans tous les cas, l’aviculture dispose de tout le temps pour se mettre à niveau, n’étant classée que dans la liste D des produits sensibles. Autre problème d’actualité, mais non abordé durant cette rencontre, l’épidémie de fièvre aviaire qui se propage à une vitesse vertigineuse en Asie. Sur la question, les professionnels interrogés par ALM se montrent rassurants, notamment dans le dispositif en place. « Il y a des mesures de routine, des règles strictes. Le Maroc n’importe rien de la zone touchée par l’épidémie de fièvre aviaire. De plus, il est interdit d’importer des produits finis, pas un seul kilo importé». Pas donc de mesures d’urgence à ce jour. La Direction de l’Elevage était injoignable à l’heure où nous mettons sous presse. L’UE a mis en place un dispositif de contrôle sanitaire de l’importation des poulets en provenance de la zone de propagation de la fièvre du poulet. La controverse est vive sur l’origine de cette fièvre aviaire. Si l’Indonésie a accepté l’abattage de toutes ses volailles infectées sous la pression de la communauté internationale, la Chine, elle, continue toujours de nier être l’origine de cette grippe. Pékin n’a pour le moment interdit l’exportation qu’à trois provinces, officiellement les seules à être touchées par la maladie sur les 31 que compte la Chine continentale, où sont élevés des milliards de volailles. En attendant, les bilans s’alourdissent. Trente-sept personnes en contact avec les volailles ont été placées en quarantaine. L’OMS qui a salué ces mesures continuent de demander à Pékin de faire la lumière sur deux Honkkongais décédés début 2003 en Chine après avoir contacté cette grippe.
Une chose est sûre, d’un pays à l’autre les contrôles se renforcent. De l’Indonésie au Pakistan, pays également touché, en passant par la Thaïlande où la moitié des régions sont touchées. Deux garçons de six ans sont décédés dans ce pays qui est le seul à avoir déclaré le bilan de ses morts. D’où la décision de l’UE d’étendre l’interdiction à tous les oiseaux de compagnie comme les perroquets. Décisions qui devraient peut-être inspirer le Maroc puisque, après tout, le risque zéro n’existe pas.










