Chroniques

La culture, un signal !

Je n’ajouterai pas un vain commentaire aux innombrables analyses savantes qui ont été faites sur le résultat des élections législatives, que dire qui n’ait été dit ?
Par contre je peux, ici, retranscrire un certain nombre de réactions venues de la jeunesse que je côtoie dans les quartiers, les facs ou les débats tels que ceux du Café Politis. Cette jeunesse plurielle, diverse, contrastée et en même temps Une ! Très sincèrement dans leur majorité ces jeunes se réjouissent du «chamboule-ment» intervenu, soit parce qu’ayant voté ou ayant souhaité l’arrivée du PJD par adhésion, soit parce que heureux d’observer que des figures «trop vues» ne figureront plus aux avant-postes, soit encore par envie de changement pur et simple… bref des avis et des opinions diverses mais allant majoritairement dans le même sens. Bien sûr il serait partiel et partial de ne pas prendre en compte ceux qui, par conviction, ne se félicitent pas de ce résultat électoral ou encore ceux qui éprouvent une inquiétude réelle, notamment en matière de préservation des libertés individuelles… Ce qui revient lors de nos discussions et ce qu’il faut redire: c’est que le Maroc sort renforcé de ces élections, cette alternance est quelque chose de «naturel» dans une démocratie, une majorité et une opposition qui alternent aux responsabilités est le jeu normal d’une vie politique et porteur en soi-même de «revivifiance». Bien sûr encore faut-il que chaque parti politique, à sa place, joue son rôle mais là encore selon la phrase célèbre de feu le Président Mitterrand, il faut «donner du temps au temps», et pour l’instant avouons que chacun accepte avec responsabilité le verdict des urnes. Il ne faut pas oublier que l’une des forces de notre pays -et ce depuis plusieurs années- est aussi son tissu associatif, et en particulier le réseau de terrain, de proximité, c’est un énorme acquis! Le mouvement associatif marocain doit absolument poursuivre son travail, ses actions, ses propositions, voire ses «alertes», et son rôle de courroie de transmission au coeur de la société doit être non seulement respecté mais consolidé. Les jeunes tiennent une place prépondérante dans le réseau associatif, enrichi depuis plusieurs mois d’une nouvelle «force» qui est celle des acteurs de la Toile. Or des signes doivent être faits en direction de ces «artisans de la jeunesse», je veux parler des signaux qui leur seront adressés par la nomination, en particulier, de deux responsables ministériels : celui de la Jeunesse et des Sports et celui de la Culture ! Il ne s’agit pas de postes «subalternes» ou moins nobles que les Affaires Etrangères, la Justice, ou l’Economie… et croyez bien que dans le contexte international actuel, notre jeunesse saura interpréter avec justesse la qualité des personnes à qui seront dévolues ces responsabilités.  La Culture peut-être encore plus particulièrement, qui tient dans notre société, au sein de notre jeunesse, dans notre développement, une place tout à fait particulière et motrice. Il est donc d’autant plus important que le ou la ministre qui aura en charge ce département sache préserver, encourager, accompagner, aider… la production culturelle de notre pays, dans sa richesse, sa pluralité et son originalité. Bien sûr les observateurs de tous bords guettent les premiers pas du nouveau gouvernement dans les domaines économiques, sociaux ou de politique étrangère mais les jeunes, nos jeunes, attendent -outre l’emploi et une plus grande justice sociale bien sûr– un(e) ministre de la culture qui n’imposera pas une culture mais permettra l’épanouissement de la Culture dans sa diversité.

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