C’est sous haute tension que se tient le 13ème congrès du Polisario à Tifariti. Et ce pour plusieurs raisons. On cite l’intensification du mouvement de protestation dans les camps de Tindouf des jeunes Sahraouis. Ces derniers sont complètement désœuvrés et sans emploi et disent avoir perdu toute confiance dans leur direction. Il y a aussi l’implication avérée des membres du Polisario dans l’enlèvement de ressortissants européens près de Tindouf le 23 novembre dernier, ainsi qu’un contexte régional marqué par les mutations géostratégiques et transitions démocratiques. Ainsi ce congrès se tiendra du 15 au 19 décembre dans un contexte régional nouveau. Mais selon les experts de la question du Sahara, plusieurs paramètres changent autour du Polisario, sauf l’attitude de ce dernier.
Ce congrès qui se tient tout les trois ans n’aura encore une fois aucune incidence sur la voie qu’entreprendra le Polisario. «Ce congrès se tient dans une situation critique pour les dirigeants du Polisario. Il a pour but de faire croire à la majorité des séquestrés qu’il y a un respect des règles démocratiques. Mohamed Abdelaziz et son groupe ne seront pas face à un congrès démocratique mais une mascarade politique où il n’y a pas d’opposition», estime Mohamed Benhamou, président du réseau international des questions stratégiques à Washington. Et d’ajouter : «Le Polisario est encore en train d’imposer le choix unique, l’organisation unique. Il n’a pas pu évoluer et tirer profit de l’ensemble des changements. Un même groupe de dirigeants impose un même agenda du pays d’accueil qui n’a pas dépassé l’ère de la guerre froide». Ainsi le Polisario continue sa fuite en avant. Et ses dérives sont légion. Et les faits ont même démontré qu’il se transforme même en obstacle dans la région: Obstacle contre le vent de liberté que connaît la région notamment à travers l’implication de ses mercenaires dans l’oppression du peuple libyen. Obstacle à l’intégration régionale qui nécessite le dépassement des faux problèmes. Aussi la situation humanitaire dans les camps de Tindouf est dramatique. Les dirigeants sont régulièrement accusés de profiter de cette situation pour s’enrichir. Les interconnexions du Polisario avec le crime organisé, trafiquants de drogue, d’arme, réseau d’immigration clandestine et les liens avec des groupes terroristes tel l’Aqmi sont certifiés, notamment par le récent enlèvement de coopérants européens. Par ailleurs, à la veille de chaque congrès, le Polisario ressort la carte du retour à la lutte armée pour faire oublier ses échecs. Eventualité peu probable par les observateurs : «A chaque fois que le Polisario est dans l’isolement, il perd des atouts auprès de la communauté internationale qui s’ouvre sur la proposition marocaine comme voie de règlement de ce conflit, il ressort la carte du retour à la lutte armée. Il peut toujours recourir à des actes criminels limités. Mais le contexte stratégique ne lui permet pas cette option», souligne M. Benhamou.









