Société

Affaire des implants mammaires PIP : Le ministère de la santé réagit enfin

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Le ministère de la santé s’est enfin manifesté dans le scandale des prothèses PIP qui, rappelons-le, avait éclaté en mars 2010 lorsque l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) avait exigé le retrait des implants mammaires contenant un gel de silicone fabriqué par la société Poly Implant Prothèse (PIP). Mardi 27 décembre, les directeurs centraux au ministère de la santé, le président et les membres de la Société marocaine de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SMCPRE), le président de l’Ordre national des médecins, les responsables du Centre marocain de pharmacovigilance, se sont réunis au ministère de la santé. A l’issue de cette réunion il ressort que «la marque de prothèses PIP ne fait pas partie des prothèses mammaires ayant le certificat d’enregistrement au Maroc», indique un communiqué du ministère de la santé. Pour sa part, la SMCPRE a confirmé que cette marque de prothèse n’a jamais été utilisée par les membres de cette société. Par ailleurs, le ministère de la santé tient à préciser que «le Maroc n’a jamais été cité comme pays importateur de ce type de prothèses». Quant aux Marocaines qui ont eu recours à la chirurgie réparatrice ou esthétique à l’étranger et pour qui la marque PIP aurait été utilisée, elles «doivent consulter leurs médecins traitants pour un suivi approprié», recommande le département de la santé. Dans le cadre du suivi de personnes porteuses d’implants, les membres de la SMCPRE ont déclaré être disposés à assurer la première charge médicale qui convient. Dans son communiqué, le ministère signale que «dans le cadre du dépistage précoce du cancer du sein, les femmes porteuses de prothèses mammaires sont tenues à une surveillance clinique et mammographique régulière».
Le ministère invite tous les professionnels de santé à disposer d’une traçabilité de tout dispositif médical utilisé et à déclarer au Centre marocain de pharmacovigilance les cas d’effets indésirables observés. Les patients peuvent, dès à présent, contacter le centre par téléphone 24h/24 au numéro suivant : 0 801 000 180.
En France, l’affaire PIP connaît de nouveaux rebondissements. Le fondateur de la société de ces prothèses mammaires, Jean-Claude Mas, a reconnu par la voix de son avocat avoir utilisé des gels de silicone non agréés. Toutefois, ce dernier a nié toute toxicité des prothèses mammaires. Selon les propos de l’avocat de M. Mas cités par l’AFP, la société utilisait en fait deux types de gels de silicone : le gel américain Nusil, autorisé, et un gel PIP de fabrication artisanale, cinq fois moins cher pour l’entreprise confrontée, depuis le milieu des années 2000, à des difficultés financières et une forte concurrence. «PIP savait qu’il n’était pas en conformité, mais ce n’était pas un produit nocif», a déclaré l’avocat ajoutant que le risque accru de rupture de prothèse «n’est pas démontré».
Pour rappel, 30.000 femmes en France et au moins des dizaines de milliers à l’étranger se sont fait implanter des prothèses de cette marque.