Economie

Dr. Waguih Ishak : «Le Maroc est une bonne plate-forme»

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ALM : En tant que partie prenante aux « encontres avec la Silicon Valley», quelles sont vos premières conclusions quant aux perspectives qu’offre le Maroc en matière de nouvelles technologies ?
Dr. Waguih Ishak : Notre conclusion est qu’il existe au Maroc, de la part des professeurs d’universités, des étudiants et des pouvoirs publics, une grande volonté, on peut même parler de désir, de promouvoir et tirer parti des opportunités qu’offrent les nouvelles technologies. Le Maroc ambitionne de devenir un centre d’excellence en la matière. L’idée de mettre en place une Silicon Valley régionale, marocaine, n’est pas seulement un rêve. C’est un projet qui mobilise d’ores et déjà un grand nombre des parties précitées. Que ce soit lors de notre entrevue avec le Premier ministre Driss Jettou, ou encore avec les étudiants et professeurs lors de l’atelier organisé jeudi, nous avons senti une détermination inégalable de la part du Maroc à lever toutes les barrières, notamment administratives, pour y arriver.
Qu’en est-il des atouts réels dont dispose le Maroc d’après vous ?
L’importance de la communauté scientifique, la qualité de l’enseignement en ce qui concerne les nouvelles technologies au Maroc, un pays qui constitue une plate-forme non négligeable d’entreprises étrangères spécialisées par ailleurs, et la présence d’une infrastructure qui se prête au développement des activités liées aux nouvelles technologies participent à ce sentiment très favorable que nous avons à l’égard de votre pays. L’Université Al Akhawayne peut constituer, si elle met en place des spécialités en nouvelles technologies, une base très importante à toute éventuelle coopération. Ceci pour la simple raison que l’obstacle de la langue n’aura pas lieu d’être.
Quels efforts devraient, dans ce sens, être dirigés vers les investisseurs et entreprises américains?
Le Maroc dispose de toutes les bases nécessaires au développement des nouvelles technologies. Mais il y a besoin de se rendre plus visible. De faire des outils, dont le pays dispose, des arguments sur lesquels un travail de communication sérieux, qui s’inscrit dans la durée, est mené. Parce qu’il ne faut pas s’attendre à ce que des sociétés courent vers le Maroc dès qu’ils en entendent parler. C’est une affaire de longue haleine, de capacité à convaincre et à séduire. Les investissements dans les nouvelles technologies ne sont pas une mince affaire. Il est clair que pour toute société qui serait intéressée par l’Afrique qu’elle n’a pas l’embarras du choix. De tous les pays africains à présenter des atouts réels, sérieux, il n’y a que l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc. Donc, au Maroc de monter au créneau.
En quoi l’accord de libre-échange conclu récemment entre le Maroc et les Etats-Unis peut-il participer à susciter l’intérêt des sociétés américaines ?
D’abord à informer les entreprises américaines que le Maroc a enlevé toutes les formes de barrières qui puissent exister. C’est en soit un argument de taille, et qu’il faut optimiser sur le plan de la communication. D’autant que vous avez suffisamment d’ingénieurs, de techniciens qui de surcroît ne demandent qu’à rester dans leur pays. Cette masse critique, intéressante, peut également jouer en la faveur du Maroc. Autre atout majeur, pour les Américains comme pour les Marocains, le Maroc est un pays où il fait bon vivre.
Il existe également une concurrence entre l’Europe et les Etats-Unis concernant le Maroc…
Personnellement, je fais peu de cas de la compétition. Et si cela veut dire que l’Europe et les Etats-Unis sont en train de se faire concurrence au sujet du Maroc, tant mieux. Quand un entrepreneur américain apprend qu’une société de la taille de STMicroelectronics a installé des activités au Maroc, cela ne peut que participer à donner de la visibilité au Maroc. Et valeur aujourd’hui, c’est ce dont votre pays a le plus besoin.

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