Luke : La tête en arrière
Noir Désir étant en chômage technique pour une période qui pourrait durer huit ans, les nombreux fans du groupe bordelais qui se sentent orphelins peuvent sans soucis se diriger vers le nouvel album de Luke. Si ce nouveau disque se montre plus classique et conventionnel dans son approche rock and roll que les brulôts de Noir Désir, le chanteur semble toujours faire la même fixation sur Bertrand Cantat, à tel point que sur certains titres, le résultat est franchement troublant.
Réalisé par le producteur de Dyonisos ou des Breeders, » La Tête en arrière » attaque direct à l’estomac, toutes guitares dehors, et devrait asseoir la réputation de Luke, un groupe qui, s’il n’invente strictement rien, se montre franchement efficace.
3 Guys Never In
Influencés par la pop anglo-saxonne, ces Nantais ont finement et intelligemment personnalisé leurs influences qui vont de Divine Comedy aux Smiths en passant par Pulp et Joy Division. Et curieusement, de ces références avouées émerge une musique internationale qui lorgne également du côté d’un Pavement sage ou d’un R.E.M moderniste. Un beau premier album.
The diary of Alicia Keys
Comment faire du neuf ( nu-soul ou r’n b, comme on dit aujourd’hui) avec du vieux, sonner comme personne en ayant l’oeil dans le rétro ? « Le Journal d’Alicia Keys » peut se lire comme une histoire de la musique afro-américaine. On y retrouve à la fois la rage des grandes voix de soul, l’onctuosité d’un Marvin Gaye, la vélocité des BO du films de Blackxploitation, l’efficacité chaloupée des Beats rap. Pourtant la belle métisse grandi à Harlem ne sombre jamais dans le copier coller. Non contente de chanter magnifiquement, elle compose d’étourdissantes parties de piano. Quelque chose comme le télescopage des préludes de Chopin et du son du ghetto. On est soufflé par tant de maîtrise.
Emmerich Kalman : Princesse Czardas
Cette opérette viennoise conte les déboires d’une danseuse de Budapest et de son aristocrate d’amant. L’intrigue n’est guère que le pretexte à de grands moments musicaux : musique tzigane, valses viennoises, duos comiques etc. La distribution est tout à fait convaincante et rend bien l’atmosphère endiablée de l’oeuvre. La direction est assurée par Richard Bonynge, une référence. Un très bon moment.
Ashanti : The concrete rose
Pourquoi changer une recette qui gagne? Le troisième album d’Ashanti, toujours produit par la machine à tubes Irv Gotti, nous ressert le même couvert avec succès: un R&B diablement efficace, des tubes à gogo (« Still Down », « Focus », « Turn it up » avec Ja Rule), le tout juste un peu trop formaté pour être tout à fait honnête.
Bertrand Betsch : Pas de bras, pas de chocolat
Bertrand Betsch réussit à intégrer tout ce qui fait la richesse de sa culture musicale : jazz (Les petits mammifères), le reggae (Temps beau), les fanfares (L’important c’est de participer)… dans un ensemble qui reste cependant totalement cohérent et définitivement unique. a decouvrir de toute urgence. Inclassable, texte profond et musique recherchée, ce qui est rare pour la nouvelle scène française.









