Les lettres de Rousseau que l’on trouvera ici rassemblées font partie intégrante de son oeuvre, et il les a écrites avec le même soin qu’il mettait à ses livres. Ses correspondants sont parfois célèbres, comme Voltaire à qui il adresse la » Lettre sur la providence « , le marquis de Mirabeau avec lequel il s’entretient de physiocratie, ou bien Malesherbes, destinataire des fameuses lettres » autobiographiques « . Mais ce sont aussi des amis, comme la comtesse d’Houdetot à laquelle il adresse une série de six lettres morales – ou bien encore des inconnus qui souhaitent recueillir ses conseils.
Philosophiques, ces pages le sont donc au sens le plus large, tant l’écrivain aborde des sujets divers, et sur des modes divers, rédigeant tantôt de véritables petits traités, tantôt des lettres de direction spirituelle et morale. Ce qui se découvre ainsi sur près de trente ans, de 1742 à 1771, ce sont les débats d’une époque et la part essentielle qu’ a prise Rousseau, mais aussi, au-delà même de la pensée qu’il développe, un autoportrait de l’écrivain dans son temps. Le volume rassemble 46 lettres de Rousseau, dont les fameuses lettres morales de 1757-1758. On y retrouve, sur un ton familier, des réflexions sur la justice, la Providence, la nature de l’homme et bien d’autres sujets qui prennent parfois la forme de petits traités, parfois celle de lettres de direction spirituelle.
Une préface (p. 7-38) situe l’importance de ces textes dans l’oeuvre de Rousseau. Chaque lettre est présentée et des notes complémentaires en prolongent le sens.
Lettres philosophiques, Jean-Jacques Rousseau
Livre de poche, 2003, 571 pages









