Culture

Three imaginary boys

© D.R

Il est utile de remettre cet album dans sa perspective historique. A l’époque, les nouveaux projets fusaient de toutes parts à la cadence d’un vinyle intéressant tous les quarts d’heure. Et il était plutôt de bon ton de ne pas afficher une quelconque virtuosité instrumentale et de ne pas s’embarrasser de morceaux qui traînent en route. The Cure, comme mille autres, sort de nulle part mais il se démarque d’emblée à maints égards.
Chanter « Boy’s Don’t Cry » à une époque où la plupart vociféraient « No Future», fallait oser. Placer plusieurs morceaux lents aux atmosphères lourdes à une époque où la musique se lançait dans l’ère TGV, fallait oser. Ces trois garçons romantiques qui n’étaient pas des New Romantics allaient indubitablement marquer leur époque mais nous n’en aurons la véritable confirmation qu’au fil des albums suivants, dont un « Seventeen Seconds » qui constitue sans doute leur chef-d’oeuvre absolu. La réédition très tardive de ce « Three Imaginary Boys » sous la forme d’un double CD agrémenté d’une série d’inédits plus nombreux encore que les morceaux originaux apporte un témoignage très instructif sur ce Cure première époque. Comme souvent, les inédits en question sont de qualité très variable et les enregistrements parfois très déficients rappelleront à certains l’époque des bootlegs que tout fan averti se devait de posséder, quelle qu’en était sa qualité sonore. On déplorera juste que l’éclairage nouveau apporté à cet album soit visiblement du chef du seul Robert Smith car la force du groupe résidait à l’époque dans la conjonction des trois individualités ; la guitare et la voix de Smith n’étant rien sans l’apport essentiel de ses deux comparses Michael Dempsey et Laurence Tolhurst.

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