Economie

Lettre du tourisme : Le secret des chiffres (2)

Les lecteurs et les internautes peuvent se référer au forum marocain du tourisme sur le site Hyperlink « http://www.fmdt.ma » www.fmdt.ma pour prendre dès aujourd’hui connaissance des indicateurs de base de l’année touristique 2004, à travers une lecture panoramique qui prend ses racines en 1986.
Du fait de la suspension abusive de la publication des résultats des activités touristiques telle qu’elle a toujours existé, au titre des années 2003 et 2004, les chiffres et les indicateurs ne sont pas totalement affinés.
Pour les initiés, le Maroc devait disposer en 2004 de plus de 119 mille lits classés dont près de 5000 réalisés préalablement à cette date dans le cadre des maisons d’hôtes, des auberges et des gîtes d’étapes. Il aurait également pas moins de 40 mille lits non classés, soit un total de près de 160 mille unités de logements individuels, sachant qu’il y a lieu de dire que ce n’est pas élégant de doper les statistiques de 2004 en y incluant les 5000 lits susmentionnés et qui regroupent des maisons d’hôtes, des auberges et des gîtes d’étapes construits depuis le début des années 90. Est-ce beaucoup ou pas assez ? Il n’est pas évident de pouvoir se faire une juste idée de la chose si l’on ne dispose pas de points de comparaison et de repère tels que les capacités développées par des pays concurrents ou leaders. Lancée en même temps que nous dans l’aventure touristique, la Tunisie aligne une capacité de l’ordre de 230 mille lits classés, et non classés alors que la Turquie et l’Egypte, se présentent sur le marché international avec une force d’hébergement respective de 450 mille et 240 mille lits classés et non classés. Quant à l’Espagne, elle trône avec une capacité de plus de 1,5 million de lits.
Tous ces pays se prévalent d’espaces camping qui complètent la panoplie des unités hôtelières et para hôtelières. Ainsi, le Maroc est fort de plus de 86 mille places dans ses campings, ce qui porte sa force de frappe, si l’on peut dire, à plus de 245 mille lits, qui n’est malheureusement pas exploitée de façon optimale. Le taux d’occupation a enregistré en 2004 le pourcentage de 49% pour les hôtels classés, alors que nous ne disposons d’aucune indication sérieuse pour les autres types d’hébergement.
Devant cette capacité globale, nous enregistrons moins de 8000 arrivées/jour, tous les moyens de transport confondus, air, terre et mer, soit une couverture de 16,% compte tenu d’une durée moyenne de séjour de 5 jours par touriste. Ces données ne manquent pas d’intérêt et tendent à mettre en évidence le cadre objectif dans lequel toute réflexion sur les activités touristiques doit nécessairement s’inscrire.
Il faut ajouter à cela que notre vision des choses risque de ne pas s’améliorer, compte tenu du fait que l’Observatoire du tourisme, chargé de sécuriser la distribution des crédits par le système bancaire, d’analyser l’activité touristique, d’évaluer la compétitivité de la destination et d’élaborer des normes en matière de coûts et d’investissements ou d’exploitation, peut ne pas afficher une neutralité réelle telle que décidée dans les accords Etat/CGEM. Le risque d’en faire un organe inutile et encombrant est réel. Il nous incombe tous de résister à la facilité et au gaspillage de nos forces et de nos moyens pour des raisons politiciennes manifestes ou pour tous autres motifs.

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