C’est au Moyen-Atlas qu’il a vu le jour, été élevé et éduqué. A El Hajeb, où il est né en 1973, il côtoie les hauteurs jonchées des cèdres et autres éléments caractéristiques des montagnes. Très jeune, il développe le sens de l’espace. Plus tard, il porte son dévolu sur les arts plastiques. A Meknès, au lycée Moulay Smaïl, il réussit un baccalauréat option Beaux-Arts. En 1996, il est admis sur concours à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (Isadac).
Quatre ans de brillantes études, ponctuées de stages encadrés par de grands scénographes étrangers : Stage d’éclairage et création de lumières avec Manuel Irradier (Espagne), Christine Richier (France), de manipulation et création de marionnettes avec Bernard Clair (Belgique), de fabrication des masques en cuir avec Tadioch Voydzek (Pologne), etc. Après cette solide formation à la scénographie, couronnée en 2000 par un diplôme de l’Isadac, Elhrkoubi entame un parcours de professionnel. La consécration ne tarde pas à venir, en 2001 il obtient le prix de la meilleure scénographie pour la pièce « Mersoul El Hob » (Troupe Tensift) au Festival du théâtre professionnel de Meknès. En 2003, il récidive en remportant, toujours à Meknès, le prix de la meilleure scénographie pour «Harraz Aouïcha» (Troupe Tensifft), sans oublier une précieuse nomination pour la pièce «Kidto arah» (Théâtre City d’Abdelhaq Zerouali).
Entretemps, Elhrkoubi a participé à plusieurs festivals internationaux: Caire (théâtre expérimental, 2001), Carthage (2003), sans oublier un cursus bénéfique de formation en Europe, notamment à Avignon où il sera encadré par le metteur en scène et scénographe Alain Témara.
Après une riche expérience en scénographie, Elhrkoubi envisage une nouvelle carrière de metteur en scène. L’artiste s’estime être maintenant bien outillé pour amorcer ce virage. En plus de sa maîtrise des techniques de la scénographie, avec ce que cela implique en termes de jeux de lumières, le cadrage de l’espace (ouverture, profondeur, hauteur, etc), de communication avec les volumes (couleurs et autres formes), tout en respectant les règles de la perspective, Elhrkoubi sait maintenant comment aussi diriger un comédien. L’artiste dit avoir passé deux ans de formation métier de comédien. Elhrkoubi est conscient de la différence entre scénographie et mise en scène. « Si le metteur en scène voit seulement le corps du comédien dans un espace quelconque, le scénographe, lui, voit l’image du corps de ce comédien dans le même espace », nous dit-il.
Ambitieux, Elharkoubi ne compte pas s’arrêter à la mise en scène.
« Après la mise en scène, j’espère pouvoir décrocher une bourse pour étudier le cinéma à l’étranger ». Objectif : devenir chef opérateur (Ndlr : celui qui assure l’ambiance adéquate de la scène : éclairage, couleurs, décors, costumes, bref tout ce qui construit l’image).
Sur le point de savoir à quel modèle il voudrait s’identifier, Elhrkoubi nous répond : « Je veux rester moi-même ». Question goût, il dit avoir une préférence pour la couleur bleue. S’agissant de sa qualité préférée chez l’artiste, « la sensibilité ». Qu’en est-il aussi de son défaut principal ? « Je contiens trop ma colère », précise-t-il. Artiste, il se pique également de littérature. Elharkoubi ne jure que par Paul Coelho, l’auteur brésilien du célèbre roman « L’Alchimiste». « C’est un roman qui m’a marqué dans la mesure où son personnage principal, un berger, a réussi à établir de remarquables correspondances avec l’élément où il vit : la nature », se réjouit-il.
Pour son niveau de vie, Elhrkoubi assure une vie normale. « J’arrive à vivre de mon art », dit-il. Reste à savoir si les conditions dans lesquelles il travaille sont correctes.
«Comme tout artiste marocain, j’espère avoir les moyens nécessaires à mon épanouissement». Et d’ajouter, « si cela était possible, j’aurais préféré travailler seulement dans deux projets par an, au lieu de quatre ou cinq ».
Maintenant, que pense Lhrkoubi de l’état du théâtre marocain. « Le théâtre marocain, fait constater, a nettement progressé ces six dernières années. Une nouvelle vision s’installe, incarnée par la montée de la jeune garde pour assurer la relève». Lhrkoubi est l’un des éléments les plus remarqués de cette jeune garde, personnifiée par des lauréats de l’Isadac qui, outre leur formation aux métiers de la scène, ont généralement donné la mesure de leur talent, offrant au théâtre marocain l’occasion de se moderniser et donc de se mettre au même niveau des tendances se dégageant actuellement sur la scène théâtrale internationale.










