Economie

Un Visa pour le Maroc

© D.R

Visa mise gros sur l’Afrique en général et le Maroc en particulier. C’est ce qui s’est dégagé du média tour organisé jeudi et vendredi derniers par le géant international des cartes bancaires à Johannesburg au profit de journalistes africains. Dans le discours des différents responsables, le Maroc occupait une place de premier choix dans la stratégie de développement de la présence de Visa dans le continent noir qui, signalons-le, fait partie de la zone CEMEA (Europe centrale, Moyen-Orient et Afrique).
Ainsi, Casablanca a été choisie pour abriter un bureau régional dont Visa voudrait faire une plate-forme pour la conquête des pays maghrébins et ceux francophones de l’Afrique de l’Ouest. Un bureau qui sera installé le mois prochain mais qui ne sera opérationnel à 100 % que vers la fin de l’année 2005. « Le Maroc est un pays-clé dans la stratégie de développement de nos produits et de nos prestations en Afrique. Ce choix est donc loin d’être arbitraire», explique Rob Clark, directeur général de la Division africaine de Visa. Les raisons de cet intérêt porté à notre pays sont nombreuses. « En vue du grand flux que connaît le Maroc en touristes étrangers, ainsi que la politique d’ouverture économique initiée par le gouvernement, que ce soit envers l’Europe ou envers les Etats-Unis, le marché marocain des cartes de paiement est appelé à se développer très vite dans les années à venir. Et nous entendons au sein de Visa accompagner cette dynamique », souligne Rob Clark. Et les chiffres sont là pour le prouver. Sur les 13.905.452 cartes Visa utilisées dans le continent africain (chiffre fixé à fin 2004), 1.484.414 ont été utilisées au Maroc. Dans un pays comme le Kenya par exemple, le nombre de cartes ne dépasse pas les 500.000. « Avec la création de ce bureau, nous entendons confirmer la présence de Visa dans cette région de l’Afrique. Nous nous adresserons aussi bien aux banques, nos partenaires de toujours, aux différentes institutions gouvernementales pour les sensibiliser quant aux larges avantages que pourrait offrir une large utilisation des cartes de paiement qu’elles soient magnétiques ou à puce », note pour sa part Keith Lams, directeur de communication au sein de Visa international. Ces avantages se résument, selon ce dernier, en une grande économie de temps, d’effort et de paperasse ainsi qu’une dynamisation de l’économie du pays.
« Et à ce sujet, le Maroc nous intéresse beaucoup », ajoute le responsable. Même au niveau de la lutte contre les fraudes et la contrefaçon des différentes cartes, le Royaume a fait état d’une efficacité que les responsables de Visa n’omettent pas de mettre en exergue. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les services de sécurité marocains. Dernièrement, un réseau de trafic de cartes magnétiques contrefaites a été démantelé dans le Royaume », précise Nick Hawkey, vice-président de la division anti-fraude africaine de Visa. Une lutte qui sera certainement au centre des activités du nouveau bureau de la multinationale.

• DNES à Johannesburg Fadoua Ghannam

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