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Tous pour le Sahara (2)

La Marche Verte trouve, par conséquent, son explication dans la légitimité historique et la symbiose, «Souverain-peuple dans un Royaume de défis», «défi à l’ignorance, à la misère, à la faim, au sous-développement…, défi aux cataclysmes et aux maladies, défi aux séquelles du colonialisme… défi aux convoitises, aux provocations et aux ressentiments, défi, enfin, à la guerre, à toutes les guerres».
Ainsi conçue, la Glorieuse Marche est le fruit d’une très haute réflexion, celle du guide suprême de la nation marocaine.«En ne faisant rien, le Sahara s’en allait. En faisant une marche, il y avait des chances pour qu’il revienne». C’est aussi le résultat de la relation de concordance qui «unit le peuple à son souverain et qui a pour pilier central le respect» qui a entraîné une confiance mutuelle, laquelle a amené une prise de conscience chaque fois que la patrie a été confrontée à une épreuve nationale. Ce qui va suivre n’a pas la prétention d’être l’explication de la philosophie de l’adéquation ancestrale Souverain-peuple. Ce ne sera pas non plus une narration exhaustive sur l’organisation de l’événement historique qu’est la Marche Verte, mais un simple aperçu de la logistique, c’est-à-dire des moyens civils mis au service de la Marche Verte, appelée à juste titre la Marche du siècle.  Aussi faut-il aborder l’événement sous son aspect organisationnel au sens de la Mise en œuvre matérielle.
Une Marche d’une telle envergure a nécessité, pour son succès, le déploiement de moyens logistiques importants où rien n’a été laissé au hasard, ni à l’improvisation. Ces moyens étaient de deux ordres :
• Un encadrement humain à tous les niveaux.
• Un équipement en matériel et en vivres en quantités suffisantes.
L’Encadrement Humain
Chaque fois que la Marche Verte est abordée sous quelque aspect que ce soit, une série d’interrogations s’imposent. D’abord, pourquoi exactement le chiffre de 350 000 volontaires? Ensuite, quel en sera le mode d’organisation? Et enfin, quels seront les points de départ et d’arrivée?
Pour le nombre, l’explication profondément philosophique en fut donnée par Sa Majesté le Roi Hassan II : «350 000 est le chiffre des individus qui naissent au Maroc chaque année. J’ai pensé qu’il m’était permis d’engager la moisson solennelle que Dieu nous donne pour ramener à la Patrie une terre que nous n’avions jamais oubliée7». Le lecteur pourra trouver dans le développement de ce récit la réponse aux autres questions posées. La réussite de l’opération Fath résidait aussi dans le secret absolu qui a entouré sa préparation. Cette discrétion a été en effet imposée à tous les niveaux. L’un des corps de l’Etat à avoir été le premier mis au courant est celui des gouverneurs de Sa Majesté le Roi. C’était un soir du mois sacré du Ramadan 1395, le 18 exactement, correspondant au 26 septembre 1975. Tous les gouverneurs du royaume avaient été invités à assister à Rabat à une réunion de travail. La réunion devait comporter un ordre du jour, somme toute
normal et habituel, se rapportant à la marche des services et à la situation dans le pays en général.
A l’issue de la réunion et après la rupture du jeûne, les assistants ont été invités à se rendre au palais royal. Nul ne se doutait de ce qu’il allait apprendre ce soir-là. Ils furent reçus par Sa Majesté le Roi et prêtèrent d’emblée, et à leur surprise, serment solennel de garder le secret sur ce qui allait leur être annoncé. Ils apprirent alors l’organisation prochaine d’une marche visant à libérer le Sahara marocain de la colonisation espagnole. Des collaborateurs proches du Souverain furent invités à fournir aux gouverneurs, séance tenante, des explications sur la gigantesque œuvre qui allait être entreprise ; œuvre à la conception de laquelle ils découvrirent que Sa Majesté le Roi Hassan II avait déjà travaillé dans le détail et résolu au préalable tous les problèmes qui pouvaient se poser.

•  D’après «Les documents du Sahara»

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