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Un officier au service du Roi (3)

© D.R

Que dire de ces hommes que la France avait choisis, un par un, et qui avaient pour Mission de transmettre aux jeunes marocains que nous étions l’amour de la langue française, sa compréhension et sa maîtrise.
A des hommes comme :
– François Gotteland, professeur agrégé de français.
– Pariaud, professeur agrégé de mathématiques.
– Lanet, professeur agrégé de physique-chimie
– et bien d’autres encore …
Je renouvelle «ici», par delà les années, toute ma «gratitude» pour ce qu’ils ont fait de moi. Une partie du «savoir», qui imprègne encore mon âme, je la leur doits.
François Gotteland enseignait le français au : «Collège Impérial» et au «collège Moulay Youssef », classes de 2nd et de 1ère :
Nous sommes en 1948 et 1949. Un élève «très spécial» au Collège Impérial, en classe de
seconde : «le Prince héritier Moulay El Hassan».
Mes camarades de promotion de Moulay Youssef et moi même, nous avons eu l’honneur et le privilège, grâce à Monsieur Gotteland, de suivre des cours de français, « en symbiose» avec le Prince héritier du Maroc, pendant deux années scolaires consécutives: 1948 et 1949.
Le Prince Moulay El Hassan était un élève d’une intelligence exceptionnelle et d’une mémoire incroyable.
Au fil des années, nous ( moi et mes camarades de classe ) avions appris à comprendre et à aimer Moulay El Hassan, à travers ses écrits, ses dissertaions, ses analyses de textes …, car le professeur que nous avions en commun, Monsieur François Gotteland, nous apportait les écrits originaux du Prince héritier.
Il nous les lisait et nous les commentait:
C’était comme si Moulay El Hassan, qui à l’époque avait notre âge, venait lui-même nous faire le cours de français à Moulay Youssef.
Le 29 juin 1948 était la première de notre pièce de théâtre. «Les fourberies de Scapin» de Moulière.
Un invité de choix au premier rang des spectateurs :
Le Prince héritier Moulay El Hassan et toute la classe de seconde du Collège Impérial.
Un grand succès. Des applaudissements et des félicitations.
Le metteur en scène était Mr. François Gotteland.
L’été 1949, ce sont les examens du baccalauréat.
Il faut entendre par là le Bac math. Elem 1ère partie.
Les résultats de l’écrit sont extraordinaires :
100% de réussite !
A l’oral, un camarade sera obligé de repasser devant un nouveau juré en octobre : il sera reçu et aura son Bac.
C’était çà l’instruction publique des années «40» et «50» :
Les quelques Marocains qui avaient eu la chance d’y accéder étaient gagnants, pour eux-même et pour leur pays.
A eux de transmettre le savoir et la connaissance à leurs frères et sœurs :
Le Maroc en sortira grandi. Mais revenons à notre voyage du 30 juin 1956 :
Je roule en Simca aronde 55 sur la route Tanger-Rabat et j’approche de la capitale, la capitale de mon pays, nouvellement indépendant.
Je sais que ce voyage va certainement changer ma « vie ».
Je sais aussi que dans la nouvelle éducation nationale de ce nouveau vieux pays qui est le mien, avec un peu de patience et de réflexion, je pouvais m’assurer une «place au soleil» très honorable.
Mais ce jour là j’avais décidé de partir vers l’inconnu, avec la certitude de bien faire, avec la certitude de mieux servir, avec l’assurance d’être plus utile à mon «pays ».
J’arrive à Rabat vers 13.00 heures de l’après-midi et je parque ma voiture devant l’hôtel
Terminus :
Nous sommes en plein centre-ville, avenue Mohammed V.
A gauche il y a la gare de Rabat-ville et à droite, en haut de l’avenue, il y a la grande mosquée de Rabat (Sounna) et juste à côté, le collège Moulay Youssef, mon lieu de rendez-vous, demain, 1er juillet 1956.
Pierre, le patron du Terminus, un sportif, très sympathique, me
dit : «Monsieur Bouziane, ce soir pour dîner, je vous recommande le mérou, je l’ai pêché moi-même hier dimanche à Moulay Bouselhame, au harpon ».
Le mérou de Pierre était délicieux, mais il y avait l’appel de S.M. le Roi Mohammed V du 14 mai de cette même année 1956, il y avait ce Maroc nouveau à reconstruire, il y avait tellement de choses à faire, à créer de toutes pièces, il y avait surtout des hommes à former, à éduquer, à guider. Il y avait une tâche extraordinaire qui demandait la particiption de tout un chacun. Il fallait que j’y aille.


Par le Colonel Abdeslam Bouziane

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