Parallèlement à cet encadrement, de véritables états-majors de fonctionnaires civils et de membres des corps élus s’activaient de jour comme de nuit, au niveau des villes relais (Marrakech et Agadir) où d’impressionnantes aires d’accueil étaient aménagées pour assurer une mission d’assistance et d’approvisionnement des convois. L’aire de repos d’Agadir s’étendait sur une superficie de 60 hectares. Sitôt l’arrivée d’un convoi à l’un des centres-relais, une multitude d’opérations instantanées, ordonnées et coordonnées se d’éclenchaient. Elles convergeaient toutes vers la satisfaction des besoins des marcheurs et des véhicules (distribution de vivres, d’eau, de soins médicaux, de carburant, de pièces de rechange, . . . etc.).
La première phase assignée par Sa Majesté le Roi Hassan II aux marcheurs était de prendre pied à Tan-Tan et à Tarfaya, villes du Sud limitrophes de la ligne de démarcation qui séparait encore les parties libérées et celles occupées du territoire national. Ils devaient s’y installer et attendre l’ordre du Souverain. Ainsi furent implantés, près de l’une et de l’autre de ces deux agglomérations, des villages de tentes qui s’alignaient et se croisaient à perte de vue dans une harmonie impeccable réalisée grâce au concours inlassable apporté par des hommes du génie des valeureuses Forces Armées Royales.
Les tentes étaient de couleurs et de dimensions diverses ; elles représentaient le Maroc dans sa diversité, sa richesse et sa civilisation. C’étaient les campements de la Marche Verte.
L’encadrement comprenait à ce niveau un poste de commandement (PC) central et des PC de camps. Le PC central était composé de représentants du ministère de l’Intérieur (gouverneurs), d’officiers supérieurs des Forces Armées Royales et de la Gendarmerie Royale. Il était entouré de commissions spécialisées chargées chacune en ce qui la concernait :
– De l’intendance (approvisionnement des bivouacs en vivres et eau notamment) ;
– De la santé, de l’hygiène et de l’assistance sociale ;
– De l’animation et des loisirs ;
– Du matériel, du carburant, des réparations et du transport ;
– De la presse, de l’information, des postes et des télécommunications.
Les PC de camp étaient constitués à l’image du PC central. Chaque camp correspondait à une Massira, c’est-à-dire au contingent de marcheurs d’une préfecture ou d’une province.
Les camps étaient dotés chacun d’un organe de direction et de gestion ainsi que d’une structure médicale. Les marcheurs participaient à la vie quotidienne de leurs camps à travers les différentes commissions spécialisées.
Au fil des jours et après les difficultés du début inhérentes à l’implantation des tentes et à la familiarisation des marcheurs avec le désert, dans sa rudesse mais également dans sa beauté, la vie devenait de plus en plus organisée et animée. D’aucuns, cependant, n’avaient qu’une obsession, celle de fouler et de libérer le sol marocain qui était encore usurpé et occupé.Le jour J, celui où l’auteur de la Marche Verte, Sa Majesté Hassan II, allait donner le signal de départ, était attendu avec impatience, courage et responsabilité de la part de tous, marcheurs et peuple marocain tout entier. Du 23 octobre 1975, date d’arrivée, à Tarfaya, du premier convoi de marcheurs, celui parti deux jours plus tôt de la province d’Errachidia, berceau de la dynastie Alaouite, au 6 novembre 1975, date du franchissement et de l’abolition des frontières factices, d’énormes tâches ont été accomplies par un encadrement dont chacune des composantes s’attelait à l’œuvre et se surpassait pour mener à bien une mission certes lourde, mais rendue aisée grâce au dévouement incommensurable et à la volonté inébranlable des marcheurs.
• D’après «Les documents du Sahara»










