La galerie Bab El Kébir des Oudayas à Rabat abrite jusqu’au 29 septembre l’exposition de l’artiste peintre Abdelilah Bououd réunissant quelque 65 tableaux. Abdelilah Bououd, l’une des figures éminentes qui ont marqué de leur empreinte la scène artistique au Maroc, est né à Asilah et décédé en 2004 à Salé, à l’âge de 46 ans, des suites d’une longue maladie. Ses travaux se distinguent par leur finesse et sont un hymne à la vie et à la beauté. Selon sa femme, Amina Mokhless, l’exposition de Bab El Kebir comprend des oeuvres issues de différentes périodes du parcours de l’artiste. Elles traduisent ainsi merveilleusement des étapes par lesquelles pourrait passer tout individu. Dans cette exposition montée à la galerie Bab El Kébir, on peut voir d’anciennes oeuvres réalisées à Bruxelles entre 1975 et 1980 et datant de l’époque où l’artiste poursuivait ses études à l’Académie royale des Beaux-arts de Belgique. Asilah, la ville natale d’Abdelilah Bououd est aussi fortement présente dans l’exposition. Elle représente pour lui l’enfance et reflète dans ses oeuvres réalisées entre 1985 et 1990, des souvenirs toujours en constante liaison avec la mer. Le thème de la famille trouve également sa place parmi les oeuvres de l’exposition notamment à travers un tableau représentant deux frères en train de jouer, ou un autre évoquant une mère au visage effacé, symbole de la mère universelle, de la femme. Abdelilah Bououd est un artiste multiple. Ses techniques et son approche varient selon le sujet traité. «Quand il s’agit de transcrire un état d’esprit, une émotion ou des sensations, Abdelilah Bououd choisit la peinture comme moyen d’expression. Et quand, il question pour l’artiste d’un considérable effort intellectuel préalable comme c’est le cas dans son travail pictural sur la poésie, celui-ci privilégie la gravure et la sérigraphie. L’œuvre devient alors un moyen de réflexion», a expliqué Ahmed El Amraoui, poète et ami avec qui feu Bououd a collaboré dans le cadre de gravures inspirées du recueil «Yanabiâ» (sources) et qui figurent également dans l’exposition. Et d’ajouter : «L’être humain et la problématique de son existence ont toujours été au centre du travail artistique d’Abdelilah Bououd. C’est cela qui explique son intérêt profond pour la poésie». Ainsi sont présentées dans cette exposition des gravures et sérigraphies traitant des recueils de poésie notamment «les 11 astres» de Mahmoud Darouich ou encore des poèmes d’Arthur Rimbaud. Le retour et le départ sont également deux sujets parmi d’autres que l’artiste traite étroitement. Ces deux antagonismes se confondent dans ses oeuvres évoquant tour à tour immigration clandestine, retrouvailles, adieu et séparation… Après son retour, Abdelilah Bououd a travaillé pendant plusieurs années à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat (ISADAC) et à l’Ecole nationale d’architecture. Ses qualités humaines et ses talents artistiques ont fait de lui un éducateur et un encadrant distingué sur la scène artistique marocaine. Ainsi cette exposition organisée par le ministère de la Culture et qui se poursuit jusqu’au 29 septembre même si elle ne présente pas tous les travaux du regretté Abdelilah Bououd, elle entend néanmoins mettre la lumière sur les multiples aspects de son oeuvre incomparable.









