Pour une carrière de footballeur, de dribbleur perfectionniste, Aziz, ,de son vrai nom Abdelaziz Idrissi Sbaï Abou Derb Allah, a de quoi être fier. Chez ce grand sportif dont la carrière s’étale sur les années 70, 80 et 90, on dirait qu’après le sevrage, le foot avait pris la place, et avant l’apprentissage de l’alphabet, ce fut l’initiation à l’art de la dribble. Ce n’est nullement fortuit si l’on dresse aujourd’hui le portrait de Aziz Bouderbala, mais c’est pour rappeler aux jeunes générations que le foot marocain a bel et bien connu des moments de gloire avec des footballeurs passionnés et en possession d’une véritable furia du ballon rond. Né le 26 décembre 1960 à Casablanca au quartier Bousbir, Aziz Bouderbala s’inscrit sur la liste des grands footballeurs nationaux qui ont fait vivre aux Marocains des moments de grand bonheur lors de la Coupe du monde de 1986 à Mexico où le Maroc avait terminé premier de son groupe et s’est qualifié pour la 1ère fois en Afrique et dans le monde arabe au 2ème tour, devançant et tenant ainsi haute la dragée à l’Angleterre, l’Allemagne, la Pologne et battant le Portugal 3 à1 pour finir premier de son groupe. Le Maroc devenait ainsi le premier pays africain à accéder à un tel honneur.
Et comme l’arrière goût de la madeleine de Proust, Aziz retrouve ses plus beaux souvenirs d’une heureuse enfance au sein d’une famille de onze frères et sœurs. «Mon père Hanafi s’était marié sept fois avec l’espoir d’avoir un gosse mais en vain. En épousant ma mère Yamna, il s’est félicité d’avoir 11 enfants, 5 garçons et 6 filles. Je suis l’avant dernier», confie Aziz. Ses premières talonnades et dribbles, il les réalisa à derb Taliane, à l’espace Ch’winti, au terrain Mexico… Comme les grands footballeurs ayant marqué l’histoire du ballon rond, Bouderbala était un enfant turbulent, qui ne se laissait pas faire, se défendait du mieux qu’il pouvait, mais surtout adorait jouer intensément au foot «C’est tout à fait normal d’être turbulent. J’ai grandi dans un quartier populaire et dans ces lieux il faut vraiment savoir se défendre et apprendre à impressionner les amis et les voisins. Je passais la majorité de mon temps dehors à jouer au foot avec mes amis. Et c’est dans la rue que j’ai appris à manipuler le ballon confectionné à l’époque à partir de torchons et de carton. Je regrette cette époque où toutes les portes des maisons nous étaient ouvertes. On été les enfants de tout le monde. Il y avait une forte solidarité et une véritable entraide entre les voisins», se rappelle Aziz le magicien de la dribble qui était aussi un véritable doigté. Car à l’âge de 10 ans, il s’est inscrit par passion pour l’art, au conservatoire de musique sis boulevard Moulay Youssef et devait suivre des cours de solfège en optant pour son instrument préféré le luth. Il y passa 4 années d’études.
Il commença par fréquenter les bancs de l’école Kindi, puis vint l’époque du collège Al Kobba. «Après être rentré d’Europe j’avais constaté la disparition de cet établissement qui abrite plusieurs souvenirs de ma jeunesse. Je n’ai jamais pu expliquer le fait que l’on rase gratuitement des sites faisant partie de notre patrimoine historique. En Europe, les gens payent pour visiter leurs monuments historiques», s’interroge avec amertume Aziz
nommé meilleur joueur en Egypte lors de la CAN de 1986 et au Maroc également en 1988.
En fin et fougueux dribbleur, il va faire admirer sa technique de la dribble et son sens du but, alliant efficacité et beauté du geste. Toutes ces performances valent à Aziz d’intégrer l’équipe nationale, où il va immédiatement trouver sa place. Auparavant, Bouderbala avait rejoint en 1977 le club du WAC, avant de s’envoler pour la Suisse et intégrer le club FC Sion en 1984 avec qui il remporta la coupe de la Suisse. Il signa ensuite pour le club français Matra Racing en 1988 avec qui il joua la finale de la Coupe de France en 1990 contre Montpellier. Après une première saison au Racing, il a terminé meilleur buteur de l’équipe avec 14 buts. Le 26 mars 2005, Aziz Bouderblala a pris les fonctions d’assistant de l’entraîneur de l’équipe nationale du Maroc. Il se chargera en août 2006 de la direction technique du WAC. Rappelant qu’il a été choisi pour figurer parmi les cinq personnalités sportives, qui ont porté la flamme olympique, lors de son passage africain, en Égypte. Président délégué de l’association «Sport et amitié» Aziz détient un diplôme d’entraîneur catégorie B UFA en Suisse. En 2006, il est nommé à la tête de l’émission, au département de la détection «Al Kadam Addahabi», dans le cadre de l’INDH. «On avait sélectionné un enfant de Bengrir au Kadam Dahabi 2006, qui est aujourd’hui sélectionné dans l’équipe nationale, il a joué le dernier match Maroc-Sultanat d’Oman», Aziz Bouderbala aurait été certainement l’un des meilleurs dribbleurs de talent qui a enrichi les pelouses marocaines avec ses capacités extraordinaires à surprendre et prendre ses adversaires de vitesse. Aziz Bouderbala fait partie désormais de la ligue et la légion des footballeurs extraordinaires.










