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Un officier au service du Roi (13)

© D.R

Je décide :
«M’barek, c’est ok pour la villa n° 6, rue des frères Gonthier».
Le lieutenant Nouri me présenta un «formulaire» du service des domaines à remplir et à signer. Puis me tendit les «clefs» de la villa, dont le loyer mensuel sera calculé sur les données suivantes : 15 % de mon salaire de base.
J’ai habité cette bienheureuse villa de la rue «des frères Gonthier» à l’Agdal de  «avril 1960 à mars 1982».
Avec les années, la rue des frères Gonthier a changé de nom . Elle s’appelle maintenant rue «Soumaya». Mais les domaines marocains ont continué à prélever, tous les mois, et automatiquement sur mon salaire de militaire, le loyer de ma villa. «Ici» va ma «gratitude» au commandant Aumont et à mon très cher ami, le lieutenant
Nouri : «tous deux» étaient des «hommes de bien» .
De retour à mon «bureau» à l’escadron aérien, j’étais un homme comblé : ma mère, mes sœurs allaient très bientôt venir s’installer à Rabat avec moi, et mon père nous rejoindra après sa mise à la retraite. Mon «bureau» n’était pas très grand, mais je l’avais assez bien décoré: un portrait officiel de SM Mohammed V, une photo de toute la famille Royale entourant Sa Majesté le Roi, et des photos personnelles de mon passage à Salon de Provence et à Avord. Les camarades de Promo venaient me voir de temps à autre et voulaient discuter de tout et de rien. Ils voulaient surtout savoir de quoi «demain» sera fait pour chacun de nous .
Je leur demandais de patienter et d’attendre que «tous» les camarades aient fini leurs stages de spécialisation : alors et alors seulement nous pourrions tous  parler d’«une seule voix». Et puis il fallait que je pense à moi-même et que je n’oublie pas que je suis avant tout un «pilote de transport», et que je me devais de maintenir un statut de personnel navigant «opérationnel» en toutes circonstances. C’est ainsi que pendant ce mois de mai 1960, j’avais pu homologuer 18 heures et 10 minutes de vol , dont 1 heure de nuit, et que j’avais effectué  50 atterrissages, dont 3 au cours d’une mission «C-47» de largage de parachutistes. Le 12 mai 1960, j’ai débuté ma transformation sur avion monomoteur Broussard MH 1521, à l’exemple des jeunes sous-officiers pilotes de l’escadron, tous déjà qualifiés MH 1521. Ce même jour le commandant Aumont et moi-même étions partis pour une mission navigation sur un avion Broussard n° 62 à destination de
Tan Tan, avec retour dans la journée. Au cours de cette mission , nous avions effectué 7 heures et 40 minutes de vol , dont 1 heure de nuit , et 3 atterrissages sur terrain non aménagé. Le 23 mai 1960 j’étais déclaré «apte 1er pilote» sur avion Broussard, et j’ai effectué ce même jour mon premier lâché «solo» sur le MH n° 63.
A l’exception de l’hélicoptère Alouette II, je pouvais piloter tous les avions du 1er escadron aérien de l’aviation des FAR , dont le Douglas DC-3 / C-47 , le Broussard MH 1521 et le Morane Saulnier MS 733. Au cours de notre long voyage en Broussard, à la découverte du grand sud marocain et de la ville de Tan Tan, j’avais eu l’occasion de parler avec le commandant Aumont de certains problèmes de personnel que je jugeais sérieux et qui méritaient qu’une action de commandement soit prise à leur endroit pour les résoudre. 
Je lui ai dit que j’étais content du choix du sous-lieutenant Abaroudi, qui, avec courage, avait demandé son détachement à la Marine royale.
Je lui ai dit que maintenant il était devenu urgent de trouver une solution raisonnable pour le restant des sous- lieutenants de la zone Nord .
Je lui ai dit qu’il n’était pas  nécessaire de trouver une solution qui convienne à tous les S/LTS à la fois , mais qu’il fallait trouver une solution qui puisse s’appliquer à un groupe particulier de S/LTS.
Je lui ai dit qu’on pourrait commencer par régler, dès que possible, le problème des officiers déclarés «aptes personnel navigant» : ils étaient sept ou huit .
Les «autres» on s’en occupera dès que le cas des «PN» aura été résolu : ils étaient quatre ou cinq .
Le commandant Aumont me répondit: «Soyez tranquille, je m’en occupe dès notre retour à Rabat».


Par le Colonel
Abdeslam Bouziane

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