ALM : Comment se présente Pacific Motors et quelles sont les marques et modèles qu’elle commercialise au Maroc ?
Abdellah Yacoubi : Avant de présenter Pacific Motors, j’aimerais d’abord évoquer un point très important à savoir, son appartenance au groupe Stokvis Nord-Afrique. Une entité de grande renommée, cotée en bourse et très soucieuse de son image. Donc, être Pacific Motors, c’est d’abord être Stokvis. Et cela, tous ceux qui travaillent chez Pacific Motors en sont conscients.
Pacific Motors a été créée il y a deux ans et a livré son premier véhicule au mois de juillet 2007. Mais ce n’est qu’au début 2008 qu’elle a véritablement pris son envol commercial, ayant livré à ce jour plus de 1.200 véhicules au Maroc.
Maintenant, s’agissant des marques commercialisées par Pacific Motors, nous disposons de six cartes chinoises. Nous avons commencé par l’utilitaire parce que nous avons, non seulement une certaine légitimité à travers les diverses marques de matériels techniques et d’engins agricole et de chantier, mais nous avons également hérité du réseau de Stokvis, sa large couverture nationale et sa notoriété auprès de la clientèle agricole. Nous avons donc introduit les pick-up des marques Yangzi et Changhe, dotées de moteurs d’origine Isuzu. Puis, à travers ce même réseau, nous avons abordé d’autres segments de l’automobile de tourisme. D’une part, le marché des SUV avec les grands tout-terrain de Changfeng-Yangzi et le 4×4 compact Jonway RV3 du constructeur UFO, puis d’autre part, la catégorie des citadines avec la Changhe Ideal.
Quels sont les segments dans lesquels brillent les marques Changhe et UFO en Chine ?
Changhe existe depuis une quinzaine d’années maintenant. C’est une marque qui a démarré avec le mini pick-up. Un produit qui fait fureur en Chine, comme d’ailleurs au Maroc et devrait perpétuer avec la version Diesel de ce mini pick-up, laquelle nous prévoyons d’ailleurs d’introduire sur notre marché. Puis avec une série de citadines dont l’Ideal, Changhe s’est très vite imposé comme l’un des trois premiers constructeurs de ce segment en Chine.
Quant à UFO, c’est une firme qui a surtout acquis une forte notoriété dans le marché des motos et en particulier les scooters. Et cela fait maintenant six ans que cette marque s’est lancée dans la production automobile, avec de bonnes perspectives au niveau des marchés d’exportation. C’est d’ailleurs l’une des quelques marques chinoises qui a obtenu son ticket d’entrée en Europe et notamment sur les marchés automobiles allemand et italien.
A votre avis, le design du UFO Jonway fortement inspiré d’un ancien 4×4 de Toyota ne constitue un point négatif ?
Je ne pense pas que cela soit un inconvénient et encore moins un aspect rebutant pour la clientèle du UFO Jonway. Car, à comparer justement avec un 4×4 de Toyota, le Jonway est 40% moins cher, puisqu’il est affiché à moins de 160.000 DH. Et c’est ce qui encourage beaucoup de ses acheteurs qui trouvent en lui un beau modèle, luxueux, confortable et réellement fiable. D’ailleurs, nous en avons déjà livré une cinquantaine d’unités en quelques semaines et ce, sans effort particulier de communication.
En parlant justement de fiabilité, quels premiers bilans dressez-vous pour vos marques ?
Le bilan est largement positif. Nous avons reçu dans le cadre de l’entretien régulier certains de nos véhicules qui ont déjà parcouru plus de 83.000 km en moins d’une année, sans avoir connu aucune avarie !
Du côté de Yangzi, nous avons même un client professionnel qui a déjà parcouru 178.000 km avec un 4×4 utilitaire Diesel, là encore, sans aucun problème majeur !
Par ailleurs, nos clients ne sont plus surpris de la polyvalence de leur 4×4 à 7 places, l’un d’entre eux nous a avoué qu’il l’a déjà utilisé pour transporter 5 quintaux de blé.
Qu’en est-il de la disponibilité des pièces de rechange ?
Le stock est un volet très important du service après-vente (NDLR : SAV). Et pour répondre à votre question et vous donner une idée précise de notre SAV, je vous dirais que nous avons une instruction ferme : nous ne pouvons pas importer une seule voiture, si nous ne disposons pas de quantités suffisantes de ses pièces de rechange.
Combien de représentants compte votre réseau de distribution ?
Actuellement, notre réseau de distribution approche la trentaine de points de ventes et reste appelé à s’élargir dans les mois et années qui viennent. Et comme je l’ai dit précédemment, c’est un bel héritage que celui (le réseau) déjà constitué par Stokvis, dont nous profitons et capitalisons pour à la fois atteindre notre clientèle en véhicules utilitaires et être à sa proximité.
Quelles sont vos prévisions de ventes pour 2009, votre première année pleine ?
Je n’aimerais pas avancer de chiffres précis. Néanmoins, je peux vous dire que nous avons des objectifs commerciaux bien déterminés pour 2009, avec une croissance globale allant de 70 à 80%. Ce que je voudrais également rappeler, c’est que notre activité est structurée bien que Pacific Motors n’a que 2 ans, alors que Stokvis en a 60. En fait, et au risque de me répéter, tout ce qui est gestion, organisation et logistique concernant Pacific Motors est calqué sur le modèle Stokvis.
Que pensez-vous de l’industrie automobile chinoise, sa philosophie et son avenir ?
Il ne faut pas se tromper lorsqu’on observe la Chine et les Chinois de plus près. Ces gens-là ont le travail et la discipline comme les deux principaux piliers de leur religion. Et si les constructeurs automobiles chinois ont prévu de produire 14 millions de véhicules par an à partir de 2012, c’est qu’ils vont bel et bien le faire ! D’abord, parce qu’ils ont un besoin national de motorisation de 8 millions de véhicules par an. Et ensuite, parce que d’ici cette échéance, ils auront non seulement déjà décroché leurs homologations aux quatre coins du monde, mais aussi travaillé leurs infrastructures et process industriels pour pouvoir produire autant de gros volumes.









