Au-delà de tout aspect publicitaire, de toute idée reçue et de toute image de marque préétablie ou bien ancrée, le succès d’un modèle ne se mesure que par deux principaux axiomes : ses réelles qualités et ses ventes aux particuliers. Sur ce dernier point, qui est à nos yeux le plus important (puisqu’il entraîne un buzz communicationnel ou un bouche-à-oreille conséquent et partant un effet dominos sur le plan commercial), la nouvelle Accord n’a pas à se plaindre (lire encadré). Mais pour ce qui est des qualités intrinsèques de cette berline, il nous a bien fallu la passer au banc d’essai pour se forger une idée plus précise. Et là, nous avons été tout sauf déçus.
Aborder l’Accord, c’est d’abord découvrir son extérieur, l’élégance de ses lignes et l’équilibre harmonieux de ses proportions. Un capot incliné vers une face avant savamment crayonnée. Une malle arrière droite et agrémentée de blocs de feux au subtil rappel géométrique des projecteurs avant. Une ceinture de caisse haute et un vitrage latéral souligné de chrome… Il n’y a pas à dire, ou à redire : cette japonaise est belle à regarder sous tous les angles. A elles seules, les poignées de portes sont une invitation à la conduite. Leur placage lisse en chrome clair ou brun, donne d’emblée une idée sur ce que vaut l’Accord. Des détails de finition qui suggèrent la qualité dans ses moindres détails (un mot dont on ne pouvait éviter la répétition).
Ce dernier constat sied aussi et parfaitement pour l’espace intérieur, surtout que notre modèle d’essai (la version Executive) place la barre tout en haut en termes de finition et d’équipements (8 airbags, phares au xénon, toit ouvrant, radar de stationnement avant/arrière, climatisation automatique séparée, chargeur 6 CD avec subwoofer, alarme volumétrique, détecteur de pluie…). Confortablement assis sur ses superbes sièges en cuir au moelleux aussi appréciable que le maintien qu’ils offrent, on admire la qualité de l’ensemble. Cela, d’autant plus que ces sièges sont chauffants et qu’ils disposent de réglages électriques pour leur assise comme pour leur dossier. La planche de bord plait autant par sa présentation que par l’aménagement des diverses commandes.
A l’arrière, espace aux jambes suffisant, diffuseurs d’air, rangements et aspects pratiques… les occupants de la banquette y trouvent leur aise. Du reste, l’habitacle montre bien que l’Accord est en phase avec son temps, puisqu’elle offre au conducteur et ses passagers divers accessoires parmi lesquels on trouve par exemple une double connectique (USB + AUX) pour iPod ou baladeur numérique. Mieux encore, sur cette finition, une pré-installation Bluetooth permet au conducteur de configurer son téléphone mobile et de gérer ses appels via des commandes au volant.
Un volant que l’on a pris pour de bon, le temps d’un bon trajet urbain et même un peu routier.
Les faibles claquements du moteur i-DTEC, lorsqu’il est à froid, disparaissent dès le premier kilomètre parcouru. A son volant, aucune vibration n’est perceptible.
En revanche, le léger sifflement trahit la présence d’un système d’injection par rampe commune de dernière génération (1.800 bars de pression). Un diesel de pointe, comme en attestent ses valeurs sur papier : 150 chevaux de puissance et un couple élevé de 350 Nm pour 2,2 litres de cylindrée. Sur la route, cela donne des accélérations vigoureuses et un sentiment de répondant sous le pied droit.
Un régal, tout comme le levier de vitesses que l’on a du plaisir à manier et dont les rapports passent avec précision. A ce titre, il faut aussi préciser que ce diesel est –en attendant la disponibilité prochaine d’une transmission automatique– strictement associé à une boîte manuelle dotée d’un sixième rapport. Ce dernier fait ainsi abaisser la consommation jusqu’à 4,6 litres aux 100 km lorsque le conducteur adopte une conduite coulée sur autoroute. Par ailleurs et dans le même sillage, un voyant lumineux au niveau de l’instrumentation indique au conducteur le changement de rapport à effectuer selon le régime moteur en cours. Autre qualité dynamique de cette Honda : elle est bien amortie.
Entre le bon filtrage des inégalités de nos routes et l’adhérence parfaite à vitesse soutenue dans les virages serrés, ses suspensions révèlent un bon tarage et ses trains-roulants restent maîtrisés par le contrôle électronique de stabilité (VSA). Enfin, on ne saurait rendre compte du comportement routier de l’Accord, sans souligner l’efficience du freinage. Dotée d’un ABS de dernière génération, incluant un répartiteur électronique (EBD) et une assistance au freinage d’urgence (FBA), l’Accord se montre saine et stable dans les situations les plus critiques.
Bref, que dire de plus sur ce modèle qui réunit, sur tous les plans, ce qui se fait de mieux en matière de berline Diesel. D’où notre titraille engageante, mais non pompeuse.
Reste à signaler un prix d’achat augmenté récemment (du fait d’un yen japonais au taux de change défavorable) à 415.000 DH pour cette version. Fort heureusement, la finition «Elegance» de l’Accord diesel, elle, est toujours affichée à moins de 360.000 DH.
Honda Accord : Déjà un best-seller
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