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General Motors : Départ du vice-président Bob Lutz

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De son propre aveu, son départ sera un véritable test pour GM et sa capacité à poursuivre l’évolution de sa gamme. GM a perdu l’an dernier le titre numéro un mondial de l’automobile qu’il détenait depuis 75 ans, au profit du japonais Toyota, et lutte actuellement pour sa survie pure et simple, qui repose sur un soutien financier de l’Etat fédéral.
GM, comme Ford et Chrysler, est vivement critiqué pour avoir persévéré pendant des années à miser sur les gros véhicules de type 4X4 et pick-up. Ces modèles, fond de commerce des constructeurs américains depuis des décennies, ont perdu du terrain ces dernières années, les consommateurs leur préférant des modèles compacts et économes en carburant.
Bob Lutz est entré en 1963 chez GM, mais il s’est accordé une parenthèse pour passer par BMW, Ford et Chrysler, mais aussi le fabricant de batteries Exide, avant de revenir par la grande porte chez GM en 2001, presque septuagénaire.
Au lieu de profiter d’une retraite confortable et de sa collection personnelle de voitures exotiques, d’hélicoptères et de ses deux jets privés, Bob Lutz a accepté la demande du Rick Wagoner de retourner chez GM pour réformer une gamme de véhicules déjà en perte de vitesse face à des concurrents asiatiques plus réactifs. «Vous ne pouvez pas vendre des voitures hideuses», avait-t-il critiqué quelques mois avant de prendre ses nouvelles fonctions chez GM, qualifiant ses modèles d’alors de «toasters hargneux».
Depuis, M. Lutz s’est attelé à insuffler une nouvelle jeunesse au département des nouveaux produits de GM. A l’aube de son départ, son bilan est jugé mitigé.
Pour les points positifs, la berline Chevrolet Malibu a été élue voiture de l’année en l’Amérique du Nord l’an dernier. Bob Lutz a aussi participé au projet de voiture 100% électrique, Chevrolet Volt. Reste que ses efforts n’ont pas permis à GM d’enrayer le déclin de ses parts de marché aux Etats-Unis ces dernières années, ni de voir ses ventes reculer bien plus que le reste du secteur depuis la récession. Dan Gorrell, un analyste indépendant, souligne toutefois que grâce à Bob Lutz, le développement «produits» chez GM est aujourd’hui plus efficace et centré sur la demande qu’il ne l’a été en plusieurs décennies, «certains des produits étant même meilleurs que les japonais».
Reste à savoir, selon cet analyste, «si Lutz a placé les bonnes personnes (chez GM) pour poursuivre sur cette voie». Son successeur est l’actuel responsable de la division systèmes de transmission et de la qualité, Tom Stephens.

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